MATHIS Emy 8 Berline de 1932

C’est à Epoqu’Auto (2019), lors de la vente Osenat que l’on pouvait découvrir cette rare Mathis EMY 8 (8 cylindres) carrossée en Berline de 1932

(châssis n° 685156)

 

Pour rappel, l’EMY 8 (ou EMYHUIT) est sortie en 1931 et chapeaute la gamme de Mathis avec les EMY 4 et EMY 6. Elle est fabriquée jusqu’en 1933.

Son moteur 17 CV, type HY, fait 3 Litres de cylindrée (3050 cc) et développe 75 Cv.

Il est à soupapes latérales et est équipé de 2 culasses d’Emy4 (donc deux fois 4 cylindres qui font bien 8!).

La boite est à 3 ou 4 vitesses (+ MA) avec la “roue-libre Mathis”, spécialité de la maison…

 

 

L’EMY8 se décline en plusieurs modèles qui diffèrent par leur châssis: HYP (empattement de 2,735 m), HYM (3,05 m) et FOH (3,1 m pour la version courte et 3,35 m pour la version longue). Les FOH pouvaient recevoir un moteur plus gros de 3,5 Litres et 85 cv (probablement pour compenser le poids de carrosseries plus lourdes).

(ci-dessus à droite, photo Osenat, ci-dessous, photos Internet)

Il s’agit d’un type FOH carrossé en berline. (C’est amusant de voir la différence entre la dessin de la publicité et la voiture réelle…! 🙂 )

(extrait OMNIA 1932, trouvé sur Gallica, site de la BNF)

Mathis “modèle P” 1922 Torpédo

voici un jolie petite Mathis 6 HP type P de 1922 qui a tout d’une grande…

Elle était présentée au 1er Auto-Moto de Metz (2018)

En effet, voici comment le modèle a été présenté en 1921:

“Le Cyclecar Mathis n’a du cyclecar que le nom, le poids et le prix “…

 

 

En fait, elle a été présentée dans la catégorie Cyclecars pour profiter de sa fiscalité avantageuse.

Mais, malgré sa faible motorisation (4 cylindres de 760 cc de 55×80 mm sur 3 paliers pour une puissance de 10 cv), elle atteint une vitesse de 60 km/h pour une consommation en dessous des 5L/100 et se comporte comme une grande grâce à son poids plume (“le poids, voilà l’ennemi!”, principe cher à Emile Mathis), son châssis fermé, ses 4 ressorts elliptiques, sa boite à 4 vitesses, son équipement électrique complet, sa robustesse et… son exceptionnelle qualité de fabrication!

(la publicité ci-contre est plus récente que la voiture présentée puisqu’elle date de 1932)

Pour rappel, le 28 mai 1922, l’A.C.O. organise le 3ème Grand Prix de consommation sur le circuit du Mans. En classe 1100, c’est le cyclecar Mathis qui emporte la victoire avec 2,378 litres/100km !

Pour arriver à une telle qualité de fabrication, il faut rappeler que les usines Mathis (90000 m² à Strasbourg) fabriquaient tout depuis les pièces de fonderie jusqu’à la carrosserie.

Ce sera le quatrième constructeur français à cette époque (derrière Citroën, Renault et Peugeot)!

 

 

 

Ce Torpédo 4 places est amusant avec ses 2 portes (une à l’avant côté passager et une à l’arrière de l’autre côté, rigidité et faible poids obligent…) et sent bon le sérieux… 🙂

(photo trouvée sur: http://www.mathis-auto.com/)

Mathis TY 5 cv de 1932

L’alsacien Emile Mathis (1880-1956) commence sa carrière en étant un revendeur d’automobiles (notamment agent De Dietrich pour l’Allemagne) avec son grand garage “Auto-Mathis-Palace”.

Ce sera le plus grand garage d’Europe!

Il rencontre Ettore Bugatti en 1901 (que le Baron De Dietrich a fait venir d’Italie), s’associe avec lui en 1905 pour créer leurs propres autos mais les deux se séparent dès 1907, l’un souhaitant construire des voitures de sport et de prestige, l’autre des voitures populaires et économiques…

Après avoir sorti des modèles portant son nom en 1910, les premières vraies Mathis sont commercialisées à partir de 1912, les “Baby” puis “Babylettes”.

Les Mathis participeront à nombreuses courses jusqu’à la première guerre (souvent pilotées par Emile Mathis lui-même) et brilleront par leur fiabilité et leur… légereté comme au Grand Prix de l’A.C.F. à Dieppe en 1912 et au Grand Prix de France au Mans en 1913.

Emile Mathis déserte l’armée allemande pendant la “Grande Guerre” pour se battre du côté français et récupère son usine en 1918, redevenue française. La construction d’automobiles reprend dès 1919 (avec des modèles issus d’avant 1914).

Le slogan de la marque, à partir de 1922 devient: “Le poids, voilà l’ennemi.”

L’usine sort des modèles 4 (MY) en 1926, 6 (Emysix) en 1927 et même 8 cylindres (Emyhuit) en 1930. La PY, une “petite  Emy4” (4 cylindres,  7 cv) sort en 1932 suivie d’une TY dont la puissance est rabaissée à 5 cv pour être encore plus économique, en cette période de crise! C’est la meilleure période de la marque et Mathis est alors le quatrième constructeur français (derrière Citroën, renault et Peugeot)!

Après avoir “étonné l’Amérique”, Mathis s’associe avec Ford SAF en 1934 pour devenir Matford. Ford stoppe la construction du dernier modèle purement Mathis, l’Emy4 en 1935 et oblige ce dernier à lui revendre ses parts…

 

La Mathis présentée ici et une mignonne petite TY (4 cylindres, 5 cv).

Elle était exposée au rassemblement de la Madine (Meuse) de 2018.

Son moteur délivre une puissance de 23 CV, la boite est à 3 vitesses et son empattement est de 2420 mm pour une voie de 1200 mm. La TY ne possède pas la fameuse “roue libre” chère à Mathis depuis 1932. Elle possède néanmoins la mascotte de la marque, la fameuse “flamme”! (le slogan étant à cette époque: “La flamme de la roue libre Mathis éclaire les routes du monde.”

Je trouve sa carrosserie bien proportionnée! 🙂