De Dion Bouton Type GO Auto-Canon/Caisson

Voici le dernier exemplaire survivant d’un Auto-Caisson De Dion-Bouton, vu à Thiaucourt pour la commémoration de la libération du village (le premier) par les américains en 1918.

Ce camion est basé sur un châssis type GO (pour l’Auto-Caisson, l’Auto-Canon l’était sur un châssis FZ) de 35 HP avec un moteur V8 (à 90°, fondus par groupes de 2), développe environ 60 CV à 1350 trs/mn et roule à 30 km/h (il pèse plus de 6 tonnes avec ses munitions!).

Sa longueur est de 5,85 m sur 2 m de large et, pour l’anecdote, le rayon de braquage est de 15 m…

 

Il possède 4 coffres à munitions disposés deux par deux de chaque côté du véhicules qui permettent le transport de 180 munitions. Un coffre arrière sert aussi de marchepied et renferme 180 fusées.

C’est dès 1908 que le Comité de l’Artillerie examine avec intérêt une proposition d’Auto-Canon antiaérien, présentée par Charles Sainte-Claire-Deville, directeur de l’Arsenal de Lyon. Le 6 juin 1908, l’Inspection permanente des fabrications d’artillerie prescrit aux Ateliers de Puteaux (De Dion-Bouton) l’étude d’un “matériel automobile contre ballons”. Les expérimentations de l’auto-canon de 75 mm et de son auto-caisson commencent en octobre 1910 au camp de Chalons. A la suite de ces expérimentations faites devant la Commission d’études de tir contre aéronefs, 20 autos-canons sont commandés aux Ateliers de Puteaux en 1913. Ce nombre est porté à 30 en juillet 1914.

En août 1914, seulement un prototype est terminé et 8 sont en construction à cause des hésitations de l’état-major sur le type de châssis automobile à employer : véhicule à roues ou tracteur à adhérence totale (véhicule chenillé). Ce dernier n’est pas au point, et pendant un an les Ateliers de Puteaux sont dans l’expectative. Début juillet 1914, un châssis automobile De Dion Bouton est choisi. Il est équipé d’un moteur V8 à essence d’une puissance de 35 HP. Ce moteur est protégé durant le tir par un capot blindé composé de volets métalliques mobiles.

L’armée créera alors des unités d’artillerie mobile appelées SAC (Sections d’Auto-Canon) constitués de 2 auto-canons de 75 mm toujours accompagnés de 2 auto-caissons pour transporter les munitions.

 

En tout, ce seront environ 300 auto-canons (+ 300 auto-caissons donc) qui seront fabriqués par De Dion-Bouton. 

Leur utilisation sera déterminante .

 

 

 

 

Voici le dernier en action:

Et en voici un en action à l’époque:

cerise sur le gâteau, voici la notice complète des châssis FZ de chez De Dion-Bouton (trouvée sur le net):

Notice De Dion Bouton FZ V8 Auto Canon de 75

De Dion-Bouton 14 CV TYPE CS2 de1911

cette belle De Dion-Bouton de 1911 était proposée à la vente aux enchères de Osenat au dernier Epoqu’Auto.

(Estimée entre 40 et 50000€, elle n’a pas trouvé preneur)

La fiche sur la voiture expliquait qu’elle a eu plusieurs vies, en ce sens qu’elle est passée, à l’origine de voiture de maître à utilitaire après avoir été transformée dans les années ’20 et a, après quelques péripéties, finalement été restaurée et recarrossée en double phaeton (sur des plans d’usine d’origine)… Cette restauration, elle l’a bien méritée puisque ce serait l’unique CS2 survivante.

Pour ma part, j’adore le rendu de sa peinture (entre autre)!  🙂

Son moteur est un 4 cylindres de 2,1 litres en deux blocs (alésage 75 et course 120), la boite est à 4 vitesses.

Contrairement à d’autres marques (comme Panhard et Levassor qui utilisait la licence Daimler), De Dion-Bouton a toujours conçu ses propres moteurs, que ce soit des mono-cylindres aux… V8! (la marque a peut-être été la première à concevoir des V8 dès 1910)


Pour rappel, De Dion-Bouton a été crée en 1883 de la rencontre entre le Comte Jules-Albert De Dion et l’ingénieur Georges Bouton ainsi que Charles-Armand Trépardoux (ce dernier quittera la société quand elle se mettra à produire des moteurs à essence à la place de la vapeur).

Le premier “mono”, un 185 cc de 3/4 HP, sera une telle réussite qu’il sera vendu à de nombreux constructeurs comme Delage, Renault, Peugeot,Chenard & Walcker, La Licorne, Latil…

Jusqu’à la première guerre, la gamme se développera (1, 2, 4 et 8 cylindres) et les succès se succéderont, tant d’un point du vue industriel que sportif…

Après guerre (la première, toujours) la marque aura du mal à se battre face à la concurrence arrêtera son aventure automobile en 1933 mais pas sans avoir marqué profondément l’histoire de l’automobile et des poids lourds! (ce rappel historique est bien évidemment trop court et je m’en excuse auprès des amateurs de la marque, le but étant juste de replacer la voiture présentée plus haut dans son contexte 😉 )