Voisin Biscooter 1950

c’est à l’occasion de l’exposition des “100 ans de Gnome et Rhône” du dernier Rétromobile (2019) qu’était présenté ce Biscooter Voisin (Type C31) de 1950.

voici sa présentation:

L’après-guerre en France voit surgir un certain nombre de véhicules « très économiques », en quelque sorte le concept des voitures sans permis actuelles… Gabriel Voisin, dont la société a été absorbée par G&R en 1939 puis incorporée dans SNECMA en 1945, conçoit ainsi son Biscooter. Dissensions et incompétences dans l’équipe dirigeante le pousseront reporter sur l’Espagne pour une fabrication en série estimée à 2000 exemplaires avec un moteur Villiers.

et voici ses spécificités: 125 cm3 6 ch 150 kg 65 km/h

– Monocylindre 2 temps de Gnome & Rhône 125 R4

– Culasse spéciale -Refroidissement par air forcé

– Graissage par mélange

– Allumage volant magnétique

– 6 vitesses (3 x 2) par 2 pédales grâce à un réducteur planétaire

-Transmission par arbre, cardan et différentiel aux roues avant

– Freins avant à enroulement, arrière à tambour commande par pédale et levier à main

– Suspension par 4 ressorts elliptiques et amortisseurs réglables

-Longueur 2,50 m Pneus 16 “

– Poids à vide :150 kg C.U. : 160 kg.

Ce Biscooter nous est aimablement prêté par L’Aventure Michelin

Et en voici d’autres, exposés lors d’Epoque Auto 2016–> ici

Biscooter Voisin à Epoqu’Auto 2016

C’est à Epoqu’Auto 2016, sur le stand des “Amis de Gabriel Voisin”, que l’on pouvait découvrir cette rétrospective de 4 “Biscooter” (type C31), ce concept automobile inventé par le bureau d’étude de Gabriel Voisin, au tout début des années ’50.

En effet, même si les automobiles Avions Voisin n’ont pas passé le cap de la guerre, Gabriel Voisin n’a pas pris sa retraite et a maintenu son bureau d’étude dans lequel il a étudié ce concept automobile, en se remettant complètement en question puisqu’on est à l’opposé de ses voitures de luxe qui ont fait sa renommé (entre autre) avant guerre!

Pour présenter ces “ovnis automobiles”, voici un article de “Moto Revue” du 9 décembre 1950:

Incontestablement réussi de ligne, le “Biscooter” de chez Voisin rassemble un certain nombre de solutions ingénieuses, détaillées dans le présent article. Un point faible: le peu de puissance du moteur; une inconnue: la réaction du public.

LA RENAISSANCE DU CYCLECAR?

EST-CE ENFIN LA REALISATION, AVEC LES MOYENS DE LA TECHNIQUE MODERNE. DU VIEUX REVE D’ANTANT: LE CYCLECAR, CONCILIANT ECONOMIE DE LA MOTO ET LE CONFORT DE LA VOITURE BEAUCOUP PLUS ONEREURE ?

Avec son “Biscooter”, Voisin ne propose en 1950 ni une voiture. ni une réduction de voiture. ni un cycle transformé ou amélioré, ni une production hybride mais un moyen de transport dans des conditions d’économie, d agrément et de sécurité étonnantes.

Le nom choisi “Biscooter” peut paraître étrange, mais il est inspire par une nouvelle formule de motocyclette qui vient de naître: “le scooter”.

Le Biscooter a quatre roues. Il comporte deux places qu’on peut à la rigueur utiliser à trois personnes. Par sa conception originale, il affranchit absolument l’usager de ces caisses fermées dans lesquelles les passagers entassés sont incapables de respirer dès que les beaux jours font leur apparition.

Le Biscooter est parfaitement suspendu, de plus sa direction d’un type spécial a été construit sur des principes nouveaux, permettent une coïncidence exacte de tous les axes de pivotement, et suppriment définitivement tous les mouvements parasites shimmy, flottements, réactions, dus la plupart du temps à une position vicieuse du centre de gravité des roues par rapport à l’axe de pivotement.

Le Biscooter est actionné par un moteur de 125 cc. refroidi par soufflerie et par aération. Ce moteur R 4 est de très faible cylindrée mais il est simple et robuste, et l’emploi d’une boite de vitesses à six combinaisons le rend tout à fait apte à l’usage demandé.

En effet, sur de très fortes pentes, le conducteur dispose de trois combinaisons démultipliées qui lui permettent de monter sans fatigue mécanique de l’ensemble, et sur le plat, les trois vitesses de la combinaison surmultipliée, permettent les vitesses maxima en conservant un régime raisonnable du moteur. Les commandes des vitesses et de l’éclairage sont sous le volant.

Le démarrage du moteur est obtenu par l’intermédiaire d’un levier accessible des sièges, qui donne une impulsion importante, permettant sans effort et sans aucun danger de retour, un démarrage facile. Les freins sont du type à tambour pour l’arrière, et du type à enroulement pour l’avant. Le frein avant agit dans des conditions les plus favorables à l’équilibre, c’est-à-dire sur le différentiel.

Le réservoir de combustible accessible est fermé par un dispositif automatique, et contient dix litres de mélange, essence-huile communément employé dans tous les moteurs à deux temps. Ces dix litres permettent un parcoure moyen sur route de plus de trois cents kilomètres, avec une charge utile de 100 kgs. Construit suivant des principes originaux, dont le but est de rechercher, à la fois la solidité et la légèreté. Les garde-boue et le plancher de l’ensemble constituent toute la carrosserie du modèle A, ce qui permet un allègement important et des conditions d’utilisation particulièrement favorables.

Sur le garde-boue avant, qui contient le moteur, la boite à six vitesses, l’embrayage, l’essieu porteur directeur la direction et ses barres d’accouplement, les commandes et le réservoir d’essence, un pare-brise de forme spéciale est articulé par le bas.

Ce pare-brise est à inclinaison variable et commandé à la main par une vis tangente. Pour une inclinaison choisie par les occupants, l’abri de l’air est absolument efficace. La veine fluide est en effet déviée au-dessus de la tête des occupants mais laisse un espace à l’abri du courant d’air qui permet une visibilité exempte de tout obstacle.

La tenue de route est incomparable et la suspension se fait sur des ressorts à lames plates qui se terminent à leurs extrémités par une ellipse.

Cette ellipse supprime l’emploi des jumelles, dont l’entretien est une sujétion constante pour un conducteur soigneux. Les quatre ressorts du Biscooter sont fixés à l’ensemble par des boulons serrés une fois pour toutes. Les amortisseurs sont à friction, d’accès facile, d’un réglage commode et d’une construction simplifiée. Ilss ne comportent ni axe, ni rotule.

Ouvert, le Biscooter est le plus agréable de tous les moyens de transport existants. Fermé par une capote tendue sur le pare-brise à inclinaison commandée, le Biscooter est un véhicule étanche.

Très intéressant par sa réalisation et par la place intermédiaire entre la moto et la voiture qu’il vient occuper dans la gamme des moyens de transport. le Biscooter est certainement le fruit d’une des idées les plus originales de cd dernières années.

Reste à savoir quel sera le jugement du Public.

Et voici sa fiche technique:

LE BISCOOTER VOISIN GNOME et RHONE

SANS PERMIS DE CONDUIRE

Poids à vide 150 kilos. – Longueur totale 2 m. 50. Largeur totale 1 m. 28. Hauteur totale capote montée 1 m. 40 -Hauteur capote pliée 1 m. 10. – Dimension maxima du siège aux pédales 1 m. 05. (glissières de réglage) -Vitesse 60 65 Kil. Heure.

MOTEUR

Moteur 2 temps 125 cm3. Puissance fiscale 1 CV. Puissance au banc 6 CV. Graissage par mélange. Allumage par volant magnétique. Démarrage mécanique par levier placé au centre du plancher accessible du conducteur et du passager. Montage semi-flottant sur caoutchouc. Consommation 3 lires 1/4 environ aux 100 kms.

EMBRAYAGE

Embrayage à disques multiples garnis de ferodo. Commande par pédale.

BOITE DE VITESSES

Boite à 3 vitesses munie d’un réducteur planétaire donnant une démultiplication basse pour chacune des vitesses. Les commandes des vitesses et du réducteur sont placées sous le volant.

TRANSMISSION

Transmission par chaîne à rouleaux commandant l’essieu AV à la fois moteur et directeur. La chaîne attaque directement le différentiel à pignons droits enfermés sous carter étanche. La transmission aux roues A V est obtenue par deux arbres, droite et gauche, actionnant chacun un cardan à boule placé dans l’axe de rotation des roues AV.

DIRECTION

La direction à volant commande un secteur relie ci la barre de connexion. Un dispositif démultiplicateur permet de modifier la hauteur du volant. Pneumatiques 16 4.

FREINS

Freins à tambour indépendants commandes par pédale et par levier a main.

SUSPENSION

La suspension est assurée par 4 ressorts à ellipses accompagnes de 4 amortisseurs réglables.

Et, enfin, voici ces Biscooters:

-celui-ci a été offert par Gabriel à sa soeur.

C’est un deux places à moteur 200 cm3.

 

 

 

 

-celui-ci est un prototype à 3 places avec un moteur de 200 cm3 (il y a fatalement plus de poids à transporter!).

J’aime bien son pare-brise dont la fixation rappelle celle des “grosses” Voisin d’avant-guerre…

 

 

 

-celui-là est un prototype pour la poste (j’aime bien les pare-chocs en bois…)

 

 

 

 

 

-quant à celui-là, c’est un bi-place à moteur 2125 cm3.

 

 

 

 

 

Et comme le (l’absence de 🙂 ) hasard fait bien les choses, un autre prototype pour la poste, fraîchement restauré (tout en gardant sa patine) par le Musée Schlumpf était aussi exposé sur leur stand. 🙂

Voisin C31 Biscooter de 1951 (Fondation Hervé)

ce Biscooter C31 a une histoire originale puisqu’il appartenait à la famille Voisin et il a été vendu directement par Mme Voisin à “Hervé”.

Il date de 1951 et ferait donc partie de la pré-série (il n’y a pas eu de fabrication en série en France mais une version un peu différente a eu un certain succès en Espagne sous le nom de Biscùter)

Celui-ci a un moteur Gnome & Rhône, mono-cylindre de 125 cm3, une boîte de vitesses à trois vitesses (+ 3 vitesses électromécaniques, un peu comme les Voisin d’avant-guerre), il peut monter à 65 km/h.

 

Le biscooter est digne des autres Voisin car il est d’une conception très originale, répond à cahier des charges précis (voiture simple, économique, qui doit remettre la majorité de la population sur la route pendant la période de reconstruction juste après-guerre) en sortant des sentiers battus, son châssis est en aluminium, son pare-brise réglable en hauteur, etc…

il a aussi existé une camionnette “biscooter”

Si, dans l’esprit, on peut rapprocher les automobiles Avions-Voisin d’avant guerre au travail d’architecture du Corbusier, le Biscooter pourrait se rapprocher, quant à lui, de celui de Jean Prouvé pour la période dite de reconstruction…

Une Voisin à Rétromobile

il est certain que quand on parle des automobiles Voisin, ce n’est pas spontanément à cela que l’on pense….. Mais, comme Gabriel était plein de ressource, il a toujours cherché à rebonir et cela donne ça:

Cette camionnette à 6 roues a un moteur “Gnome et Rhône” de 200 cm3 et à 2 temps. Elle est sortie de son atelier “aéromécanique” en 1957 et c’est peut-être son dernier projet….(après le “biscooter”). Elle peut transporter jusqu’à 600 kg et étant tout en alu (non peint), ne pèse que 500 kg.

Elle se voulait la camionnette la plus économique qui ait jamais existée!

 

 

  

Evidemment, il y a aussi le Biscooter