Talbot Lago T14 Coupé America 1958

voici le “baroud d’honneur” de Talbot avec ce Coupé America de 1958… Elle était exposée à Rétromobile de 2019.

Malgré sa victoire aux 24 Heures du Mans avec Louis Rosier en 1950, Talbot Lago ne se porte pas bien dans cet “après-guerre” et les ventes ne cessent de chuter de façon plus que préoccupante…

Anthony Lago tente bien de relancer la machine en sortant une nouvelle et presque moderne T26 GSL en 1953. Sa belle ligne, dessinée par Carlo Delaisse (styliste en chef de chez Letourneur & Marchand) ne suffit pas à compenser une conception d’avant-guerre et surtout un prix stratosphérique… En deux ans, seuls 15 exemplaires sont vendus, ce qui n’est pas viable!

C’est ainsi que l’infatigable Anthony Lago lance en 1955 la T14 LS (ou 2500 Sport) qui est presque un modèle réduit de sa “prédécesseuse” (empattement de 2,5 m)… Les premiers modèles avaient même une caisse en alu.

Son moteur 14 CV était un 4 cylindres de 2,5 Litres (2491 cc) avec un double arbre à cames latéral et deux carburateurs. Performant, il développe 120 Cv et monte à 180 km/h!

Mais toujours trop chères (et avec un moteur trop fragile), seules 54 autos se vendent avant que Talbot ne décide de l’anoblir avec un V8, d’origine BMW, en 1957. (Ce choix s’impose car la marque n’a plus les moyens de concevoir un nouveau moteur).

Elle a l’ambition, pour relancer les ventes, de s’attaquer au marché américain et s’appelle donc “Coupé America”. Ce V8 de 2,5 Litres est celui qui équipait le roadster BMW 507… et l’auto, forte de ses 138 Cv, peut atteindre les 200 km/h! Toujours pour essayer de séduire une nouvelle clientèle, la conduite passe même, pour la première fois chez Talbot, à gauche.

Encore plus chère, elle ne se vend qu’à 12 exemplaires et Anthony Lago est obligé d’accepter la proposition d’Henri Pigozzi, président de Simca de racheter Talbot (malheureusement, c’est plus l’usine de Suresnes qui l’intéresse que de relancer la marque). Les dernières caisses seront néanmoins équipées de l’anémique V8 maison (celui des Simca Vedette). Fin…! 

Le modèle présenté ici (châssis 140069B) est une des toutes dernières T14 Coupé America.

Avec son moteur V8 BMW, elle est sortie d’usine en 1958.

Bien que restaurée, elle n’aurait que 9000 Km d’origine. 

 

 

 

 

TALBOT T120 Baby Sport 1936

voici un joli et bien sobre coach Talbot T120 Baby Sport de 1936…

 

 

 

 

 

Présentée au salon de Paris de 1934 après la reprise de Talbot par Anthony Lago, la T120 marque un tournant et rajeunit la marque en lui donnant une image plus sportive…

La T120 Baby Sport correspond au châssis court (2,95 m d’empattement) et est particulièrement réussie, tant par son châssis que par son moteur, un 6 cylindre de 3 litres à soupapes en tête.

Ce 17 Cv développe environ 90 cv et il est accouplé à une boite pré-sélective Wilson à 4 vitesses.

L’auto peut monter à 140 km/h!

Cette carrosserie coach (coupé 4 places) est une carrosserie usine et elle aussi sobre que bien équilibrée ce qui la rend particulièrement élégante.

 

L’auto présentée ici n’a que 33000 km d’origine et elle est dans la même famille depuis 1964!

Talbot Lago Coupé T14LS 1956

Encore un auto que l’on ne croise pas à tous les coins du rues… 🙂

C’est lors du rallye des Clubs de Marque à Epinal que j’ai pu photographier cette rare Talbot Lago 2500 Sport (ou T14LS) de 1956.

Pour être rare, elle l’est puisque entre 1954 et 1956, seules 45 voitures ont été fabriquées (+ une douzaine d’ “America” à moteur BMW entre ’57 et ’58 et encore quelques voitures à moteur SIMCA après ’59 quand cette dernière a racheté la marque Talbot

Pour rappel, la marque Talbot-Lago est apparue en 1935, lorsque le major A. E. Lago racheta la branche française du groupe STD (Sunbeam-Talbot-Darracq). Il revoit immédiatement la gamme gamme avec des modèles six cylindres, conçus par l’ingénieur Walter Becchia avec des soupapes culbutées logées sur des chambres hémisphériques, concept qui sera la marque de fabrique des moteurs Talbot. Les T 150/120/23/26 etc… deviendront des voitures mythiques!

Après guerre et après l’échec des Talbot Grand Sport (moteur 4, 5 litres à double arbre à cames issu de la T26, monoplace de Louis Rosier victorieuse au Mans en 1950), trop chères et… trop taxées, la marque de Suresnes tente de se refaire avec un ultime modèle, la T14LS (ou 2500 Sport).

Elle est présenté en 1954, dotée d’un nouveau châssis tubulaire et équipé d’un quatre cylindres 2, 5 litres (14 cv).

Très belle, la carrosserie avait été dessinée par Carlo Delaisse ( le styliste en chef du carrossier Letourneur & Marchand).

Le moteur avait la réputation d’être trop fragile et ne pouvant se permettre de le faire évoluer (l’entreprise est en grande diffultés financières), elle sera équipée d’un moteur BMW (V8 de 2,5 litres) entre 1957 et 1959 (ce seront les Talbot-América).

Les toutes dernières caisses seront équipées du poussif V8 Simca quand cette dernière aura racheté Talbot.

Talbot T23 cabriolet par Chapron 1939

Encore une auto exceptionnelle exposée au dernier Epoqu’Auto (2017)!

En fait, il s’agit de l’unique Talbot Lago T23 carrossée en cabriolet par Henry Chapron… 🙂

Sortie en 1936, la T23 succède à la T120 mais avec un moteur (6 cylindres) qui passe de 3 à 4 Litres (3996 cc). C’est une 23 CV.

(j’ai déjà présenté ici un T23 Coach Grand Luxe de 1938)

Cette voiture (n°93267) était en fait un prototype et il était peut-être question d’en faire une série mais la guerre a stoppé le projet et c’est donc la seule construite. Commandée le 23/02/1939 par Henry Chapron, il la reçoit le 2 mars suivant et elle immatriculée le 15 mais de la même année.

Son histoire est floue pendant la guerre (réquisitionnée par les allemands?) et elle réapparaît à Bordeaux en avril 1948 chez un garagiste, Charles Huc. Elle part aux Etats-Unis en décembre 1954, connait plusieurs propriétaires et finit par revenir en France il y a quelques années (elle est alors de couleur noire) où elle a été restaurée.

Une belle histoire, non? 🙂

Talbot Lago T26 GP 1948

C’est à Epoqu’auto, à Lyon (2017), que le Musée Malartre exposait cette extraordinaire Talbot Lago T26 Grand Prix de 1948.

Cette auto est un véritable monument historique puisque c’est la toute première construite (d’une série de 12 en tout), commandée par Louis Rosier pour son écurie, avec laquelle il a remporté le Grand Prix de Belgique en 1949 et qui a gagné le Grand Prix de France la même année entre les mains de Louis Chiron, entre autre…!

Pour rappel, voici les n° des 12 T26 GP construites et leurs premiers commanditaires:

110001 : Louis Rosier
110002 : Ecurie “Mundia Course”
110003 : Joseph Chotard
110004 : Peinetti pour Gianfranco Commotti
110005 : Pierre Bouillin (“Levegh”)
110006 : Georges Grignard
110007 : Ecurie France
110008 : Philippe Etancelin
110009 : Raymond Sommer
110010 : Patrick Garland
110011 : Johnny Claes
110012 : “Usine”

Son moteur est un 6 cylindres en ligne de 4483 cc qui donne 250 cv à 4500 trs/mn.

Allumage simple par magnéto, 3 carburateurs Zenith, boite 4 vitesses pré-sélectives Wilson (ont reconnait bien le boitier dans l’habitacle), freins hydroliques à tambour.

Elle monte à 280 km/h!

 

 

 

Ce n’était pas la voiture la plus puissante quand elle est sortie mais son châssis très homogène, sa fiabilité et sa faible consommation (qui à permis à Louis Rosier de faire un arrêt de moins que ses concurrents et de remporter le GP de Belgique en 1949 notamment) lui ont permis de briller en compétition!

 

 

 

Elle a connu une belle carrière en compétition jusqu’au Grand prix de Suisse en 1951 où elle sera accidentée aux mains d’ Henry Louveau (toujours pour l’Ecurie de Louis Rosier). Elle sera réparée et recourra la même année en Belgique, pilotée par Louis Chiron mais ne terminera la course…

Elle a pris sa retraite au Musée Malartre…

 

 

 

 

  

une p’tite vidéo:

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Talbot Lago Roadster Figoni-Falaschi

C’est en croisant le Rallye de l’Association des Clubs de Marque que j’ai découvert ce roadster Talbot-Lago carrossé par Figoni-Falaschi. J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un T150 d’avant-guerre mais il semble, après recherches, que ce soit un T26 de 1948 (moteur 6 cylindres, 4 482 cc, 26CV) qui n’est autre que son évolution, toujours aussi noble…

Ce dessin est typique du carrossier que l’on retrouve sur les fameux coupés “goutte d’eau” pour la face avant notamment,  et sur des cabriolet Delahaye 135 pour le la ligne générale, le dessin et le galbe des ailes, la “baguette” chromée, les poignées de portes, etc… Figoni était à l’apogée de son art!

 

Delahaye

J’ai d’ailleurs une nette préférence pour ces lignes sublimes inspirées d’aérodynamisme d’avant guerre aux lignes trop extravagantes qui accompagneront la fin de ces carrossiers de prestige!

vidéo:

Talbot-Lago T150C SS “Goutte d’eau”

Encore de l’exceptionnel, vu à Retromobile 2017…! Cette Talbot Lago T150 C SS de 1939, carrossée par Figoni-Falaschi est une “oeuvre d’art automobile”.

Avant de présenter ce qui se voit le plus, sa carrosserie, soyons impudiques et parlons un peu des dessous de la belle…

En effet, c’est un véritable châssis de compétition (conçu par Walter Becchia, sous la direction d’Anthony Lago qui avait repris l’usine de Suresnes en 1934) qui se cache sous cette robe, le même châssis ayant remporté les 3 premières places au Grand prix de France en 1937 (Montlhery), 4° en 1938, entre autre…

Voici donc ses caractéristiques:

CHASSIS (court, leger, de course, “SS” pour Super-Sport)
– à longerons à renforts intérieur ajouré
– empattement : 2650 mm
– voies avant et arrière : 1320 mm

MOTEUR
– 6 Cylindres en ligne monté longitudinalement, alésage/course : 90 x 104,5 = 3988 cc
– puissance en 1936 170 ch à 4700 tr/mn
– chambres hémisphériques
– soupapes en tête commandées par tiges et culbuteurs à partir d’un arbre à cames latéral

-la version “route” a juste un peu moins de compression que la version compétition

BOITE DE VITESSES
– Pré-sélective Wilson à 4 vitesses plus une marche arrière

SUSPENSIONS
– avant : à roues indépendantes
– arrières : à essieu rigide:

FREINS
– Tambours sur les 4 roues

Poids à vide 1000 à 1100 kg avec équipement sport; 980 kg en version course, vitesse maxi 210km/h

Quant à la robe, elle est due à Figoni-Falaschi qui avait un accord avec Talbot.  En tout, 16 seront construits dont 5 dits “Jeancart” ou “première série” (un léger “décroché” sur l’arrière et les ailes avant/arrières séparées) et 11 dits “New York” avec les ailes qui se rejoignent et l’arrière fastback). Pour le reste, le dessin se passe de commentaire! 😉

Elle porte bien son surnom de “Goutte d’eau” (ou Teardrop en anglais) et elle avait pour vocation de venir concurrencer les Bugatti T57 “Atalante”, Delage D8-120 “Aérosport” Letourneur et Marchand, etc…

(pour ma part, je préfère quand même le dessin des “goutte d’eau” dites “Jeancart” avec roues apparentes aux modèles dit “New York” avec les ailes “enveloppantes”).

Et j’adore le modèle, assez similaire mais tellement plus sportif, de Pourtout!

Talbot AYL2 de 1934

C’est toujours à rétromobile (2017) que cette sublime Talbot (London) AV105 de 1934 était à vendre (ou à admirer 🙂 ).

L’histoire de cette marque demande un peu de concentration pour être comprise avec ses aller/retours France/Angleterre…

 L’origine remonte à un accord signé entre Lord Talbot et  A. Clément (Bayard) pour la fabrication outre-Manche des voitures de ce dernier.

En 1919, la firme Clément-Talbot Ltd. devient STD (Sunbeam Talbot Darracq) après un premier rachat, puis repris par Rootes en 1934 (pour la partie anglaise, Anthony Lago reprenant l’usine française).

Les Talbot anglaises étaient reconnues pour leur conception et leurs moteurs, fruit de l’ingénieur suisse, Georges Roesch, notamment avec les AV105 (1926/1335), voitures de sport avec un excellent moteur 6 cylindres de 3 Litres.

C’est dans une période de tourmente financière que ce “Tourer” (n° 35499) de course a été conçu.

Commandé par Dr Roth, il était destiné à courir à Broocklands où il brilla au volant de WM Couper en octobre 1934.

 

 

Talbot-Darracq V15 de 1920

vue à Epoqu’Auto 2015, cette Talbot-Darracq (4 cylindres de 3 litres) a été carrossée en roadster en Australie par Smith et Waddington (Sydney).

Elle était présentée comme étant un type V15 (2940 cc et 14 CV) mais je n’ai pas trouvé d’autres infos sur cette gamme… (est-ce l’équivalent des 12/14, combien y en a-t-il eu de construites, sachant que la marque était en difficulté à cette époque ? ). En parallèle, la marque commercialisait une 8 cylindres.

Pour rappel, Darracq est une marque née française (en 1901 pour l’automobile, elle était très connue pour ses résultats sportifs et était même le 3° constructeur français en 1910) mais elle change de nationalité quand elle est rachetée par sa filiale anglaise en 1913.

C’est cette même filiale qui rachète les marques anglaises Talbot et Sunbeam pour devenir « Sunbeam-Talbot-Darracq » à partir de 1920. Talbot redevient français après le rachat par Anthony Lago en 1935, c’est alors l’ère des  Talbot-Lago et, pour la branche anglaise, rachetée par le groupe Rootes, il ne restera plus que le nom Sunbeam…

et voici un catalogue de 1921: