Delahaye 135 Coach Chapron 1937

cette Delahaye 135 “Coupe des Alpes” carrossée en Coach par Chapron de 1937 en cours de restauration était exposée par le Club Delahaye au dernier Salon de Reims (2021)

Pour rappel, la Delahaye 135 est apparue en 1934 (année modèle 1935) et remplacera la “Super Luxe”138.

Sur un nouveau châssis plus moderne, surbaissé et un peu rallongé (en 1936), elle est équipée du même moteur 18 CV, 6 cylindres en ligne de 3227 cc qui développe 95 CV. Fort de ses succès en compétition, Delahaye présente en parallèle un modèle “Coupe des Alpes” équipé notamment de 3 carburateurs Solex et qui développe 110 CV! La boite est manuelle à 4 vitesses (et peut être semi-automatique avec la boite Cotal en option).

(Il y aura aussi très vites des modèle 20 Cv de 3,5 litres dits “Compétition” puis “M” et “MS” puis des modèle pour la compétition dits “Spécial” avec un châssis allégé et raccourci, pour faire simple.)

Sa carrière sera longue puisqu’on retrouve ses évolutions jusqu’en 1952 avec le modèle 175.

Pour ma part, j’ai une préférence pour les modèles d’avant le printemps 1937 car j’adore le “combo” calandre concave et phares plats! (et j’aime moins les calandres horizontales dessinées par Philippe Charbonneaux après guerre)

(On voit bien sur ces 2 photos la différence entre les calandres concaves et les bombées apparue à partir du printemps ’37)

Je préfère aussi les carrosseries sobres comme celle-ci carrossée en Coach par Chapron… 

Delahaye n’ayant fabriqué de carrosserie, tous les plus grands carrossiers ont habillé des châssis 135 et Henri Chapron sera un des principaux.

On voit bien le travail déjà accompli (et celui qui reste à faire) mais j’adore voir de autos en cours de restauration et en train de reprendre vie! Merci à son propriétaire de participer à la sauvegarde de notre patrimoine automobile et industriel! 🙂

Delahaye 134 Berline de 1935

Vue au Salon de Reims (2021), cette jolie Delahaye 1934 berline (Sical?) de 1935 était en vente.

Oui, dans les années ’30, Delahaye n’a pas proposé que des “135” ou 6 cylindres mais dans la gamme, il y avait aussi l’intéressante “134” à moteur 4 cylindres!

Le type 134 est sorti en 1933 en parallèle à la grosse 138 à 6 cylindres.

C’est une 12 Cv fiscaux, son moteur est un 4 cylindres en ligne (2,15 litres issu du 6 cylindres de 3,2 L) et soupapes en tête. Sa puissance est de 50 CV à 3800 trs/mn, ses roues avant indépendantes et l’essieu arrière est rigide.

Elle devient 134N (châssis long) en 1936 mais la concurrence ne devait pas être simple face aux “Traction Avant” 11 Cv de chez Citroën…

Elle suivra sa carrière dans l’ombre des “135” et sera fabriquée à 340 exemplaires (dont une centaine après-guerre).

Il n’en demeure pas moins que c’est une auto digne d’intérêt qui, grâce à un châssis similaire à celui de la 138, reçoit de belles carrosseries, bien dessinées et équilibrées! (Delahaye ne fabrique pas de carrosseries et ne propose que des châssis nus).

Il s’agit ici d’une sobre berline que je pense carrossée par Sical (elle ressemble beaucoup à une autre 134 présentée comme habillée par le même carrossier).

Son intérieur semble très luxueux et elle arbore des roues à rayons (Robergel?).

 

 

 

Tout ça pour dire que je suis heureux de présenter cette “petite” Delahaye…:)

 

Delahaye 135 1936 Coach Aerodynamique par Labourdette

voici ce que peut donner la rencontre entre un châssis culte (Delahaye 135 “Coupe des Alpes de 1936), un carrossier de génie (Labourdette) et un style de carrosserie original ( une conduite intérieur “Aérodynamique”).

Cette Delahaye 135 “Coupe des Alpes” Coach Aérodynamique de 1936 était présentée au salon Epoqu’Auto de Lyon (2018) par le marchand Christian Decombas (à qui j’ai repris aussi quelques photos du moteur et de l’intérieur), elle porte le n° de châssis 46081.

 

Je trouve que ce coach Aérodynamique a fière allure et on peut imaginer que le carrossier cherchait déjà à faire disparaître le montant central entre la vitres avant et arrière… Il ira d’ailleurs encore plus loin par la suite avec son brevet “vutotal”.

Ces types de carrosseries “aérodynamiques” sont à la mode en ce milieu des années ’30, à l’instar de la Jaguar SS “Airline” sortie deux ans plus tôt ou de la Salmson S4D M69 “Coach Aérodynamique”, la Delage “Aérosport” par Letourneur et Marchand, etc…

La finition est évidemment au top et l’intérieur particulièrement accueillant.

 

Son moteur est bien sûr le fameux 6 cylindres en ligne de 18 Cv et 3227 cc qui, avec ses 3 carburateurs, donne environ 110 CV!

Un essai publié dans  “La Vie Automobile” du 25 avril 1936 annonce l’avoir chronométrée à presque 150 km/h sur le circuit de Montlhéry en 1936.

Pour ma part, en ce qui concerne les Delahaye 135 et leurs évolutions dans le temps, j’avoue avoir une nette préférence pour les premiers modèles et leur calandre “plate”…

  

 

 

Delahaye 135 M 1939 “Goutte d’Eau”

Cette étonnante Delahaye 135 M de 1939, présentée par le restaurateur Dominique Tessier lors du Retromobile de 2008, fait indéniablement penser à une Talbot T150 C dite “Goutte d’Eau” de Figoni

En effet, le propriétaire de cette auto possédait un châssis Delahaye 135 M qu’il fallait re-carrosser d’une part, et rêvait depuis qu’il en avait loupé une lors d’une vente, d’une “Goutte d’Eau”, d’autre part. Il a donc demandé à son carrossier préféré de lui construire sa voiture idéale, comme cela se faisait couramment à l’époque pour personnaliser sa voiture avec une “caisse” de prestige…

C’est ainsi qu’a été créée cette carrosserie en respectant les techniques d’époque (mais en les améliorant avec celles d’aujourd’hui) avec, évidemment, des adaptations à ce châssis qui est différent de celui des Talbot…

(par ailleurs, vous avez remarqué qu’elle ne reprend pas la face avant de ces fameuses “drophead”!)

Voici les explications qui étaient sur le stand:

“Joseph FIGONI est l’un des plus grands carrossiers de la place de Paris, de 1926 à 1950. Il réalisa, à la demande d’une clientèle fortunée et sur les châssis des plus grandes marques telles que DELAHAYE et TALBOT LAGO, des carrosseries aux formes avant-gardistes.

Après avoir créé en 1936 son premier roadster sur châssis Delahaye, Joseph Figoni récidive en imaginant la carrosserie dite de la « goutte d’eau » qui sera déclinée en plusieurs versions sur les châssis Talbot Lago et Delahaye.

Nous avons reconstruit la carrosserie sur ce châssis Delahaye 135 M de 1939 en nous inspirant du coupé Talbot Lago T150 C.

Les différences entre ces deux châssis nous ont contraints à quelques adaptations, mais sa conception respecte totalement les carrosseries réalisées par Figoni.

L’ossature est en bois de frêne recouverte de tôle d’aluminium, toutes les pièces chromées sont en bronze ou laiton et entièrement réalisées à la main, tout comme le formage des tôles.

La réalisation des ébénisteries est en noyer, les garnitures en cuir.

Notre équipe, œuvrant depuis plus de 30 ans au sein de la carrosserie Dominique Tessier, est composée de menuisiers en voiture, de tôliers formeurs, d’un peintre, d’un mécanicien et d’un sellier.

Il est à noter que, depuis quelques années, nous utilisons les nouvelles méthodes de conception, numérisation, CAO et DAO pour gagner en temps mais, surtout, en qualité de réalisation.

Nous avons, en permanence, au moins un jeune en formation (à nos frais, sans aucune aide de l’État !). Depuis plus de 30 ans, la carrosserie Dominique Tessier a formé de nombreux ouvriers dont la majorité est restée dans le métier et travaille, pour la plupart, à la restauration d’automobiles de collection.

Plusieurs d’entre eux ont créé leur propre entreprise, et nous en sommes fiers.” –> Il y a de quoi…! 😉

Par chance, j’avais pu visiter les ateliers de chez 3ADT il y a quelques temps et j’avais photographié cette auto en cours de travaux… Et ils sont impressionnants!

Donc, même si cette voiture n’est pas historiquement originale (ce type de carrosserie ne s’est fait que sur des Talbot, je crois), elle aurait pu exister et sa construction respecte les savoir-faire et les méthodes d’époque… Et, en plus, elle a été réalisée “chez nous” ce qui nous rappelle notre histoire, quand les automobiles françaises étaient les plus belles au monde! (Quoi? C’est du chauvinisme? Ah bon, d’accord, j’assume…! 🙂 )

Delahaye 135 MS cabriolet Figoni Falaschi 1939

C’est lors du Retromobile de 2016, sur le stand de son restaurateur (Auto Classique Touraine) qu’était présentée cette  Delahaye 135 MS Cabriolet  Figoni & Falaschi (n° de châssis 60173) de 1939.

Il s’agit, à l’origine, d’une commande spéciale du milliardaire Felix Benitez-Rexach, pour sa femme Lucienne, plus connue sous le nom: «la Môme Moineau».

(cette commande spéciale portant le n° de carrosserie 727, livrée neuve le 17 mars 1939 pour Madame Lucienne Benitez-Rexach).

Ce cabriolet a, au delà de son style, la particularité d’avoir 3 positions, fermée, ouvert et Milord ( c’est la position visible dans l’extrait vidéo du film où elle a tourné, ci-dessous)

Cette Delahaye 135 est une version MS, c’est à dire la plus sportive de l’époque avec son moteur 6 cylindres 20 CV de 3,5 Litres (3557 cc) et 3 carburateurs (Solex). Avec sa boite “Cotal” (on peut en déceler la manipulation, toujours dans l’extrait ci-dessous) et ses 120 cv, elle monte à 155 km/h!

 

Cette dernière participe aussitôt au concours d’élégance de L’Auto au Bois de Boulogne le 9 juin 1939 et elle y remporte le 3ème prix dans la catégorie « voitures transformables dont la carrosserie se couvre d’une capote mobile et n’ayant que deux portes, à partir de 11 cv ».

Pendant la guerre, elle est perquisitionnée et est utilisée par des cadres du Gouvernement de Vichy.

Elle retrouve ses propriétaires quand la paix est revenue mais elle est modifiée (l’avant) pour être modernisée… Elle change aussi de couleur.

Elle prit également part au film de Réné Clément “Le Château de verre”, sorti en 1950 avec Jean Marais et Michèle Morgan.

Elle fut restaurée un première fois dans les années ’80 dans une couleur verte…

Après une restauration concours, elle retrouve son aspect et sa couleur  d’origine (gris métallisé, on était au tout début de ce type de peintures qui étaient des exploits techniques à cette époque!) qui lui vont tellement mieux…

 

 

 

 

aperçu du travail réalisé:

 

 

Delahaye à Epoqu’auto 2016 (2/2)

voici la suite de ma présentation de cette sublime expo Delahaye à Epoqu’Auto…

On arrive là à “l’age d’or” de la marque avec ses Types 135 et évolutions (si je peux m’exprimer ainsi…) 🙂

En effet, à partir de 1935, Delahaye se positionne (avec brio!) sur la catégorie Sport-Luxe avec les châssis “135”, aussi appelés “Coupe des Alpes”.

Il seront fabriqués jusqu’en 1952 (à presque 2600 exemplaires, ce qui est un beau succès pour la marque…). Comme à la coutume chez Delahaye, ils seront vendus en châssis nus et carrossés par les plus grands faiseurs. Les moteurs, 6 cylindres, iront de 18 à 20 CV pour 3 227 à 3 557 cc et de 95 à 120 CV selon les versions.

Voici donc, pour commencer,

un sublime Roadster 135 (châssis court) par Figoni-Falschi de 1936

 

 

 

 

Pour le côté purement sportif, voici la 135 S de 1936 qui a participé aux 24 Heures du Mans en 1939 sous le n°19

(modifiée pour l’occasion et elle a gardé cet aspect depuis)

 Ici, une 134N de 1937 (c’est une “petite” 135 avec un moteur 4 cylindres de 2151 cc, dérivé du 6 cylindres…).

C’est une berline carrossée par Autobineau. (Pour ma part, j’adore les calandres “plates” des premières séries…)

 

 

 

Cabriolet 135 carrossé par Chapron de 1937

Cabriolet 135 de 1937 par Tüscher (Suisse)

Ce Roadster 135 est aussi de Chapron et date de 1937

 

 

 

 

 

Un autre cabriolet 135 mais carrossé par Graber en 1939

(étant de la même couleur, on peut s’amuser à chercher les différences avec celui par Chapron 🙂 )

Encore un cabriolet 135, mais carrossé par Figoni-Falaschi, de 1946

 

 

 

 

 

Là, on a affaire à un 135 MS, c’est à dire un châssis« Compétition » (20 CV, 3,5 litres et 120 ch avec 3 carburateurs)

Ce coupé date de 1946 et est carrossé par Chapron.

 

 

 

 

 

 

Le cabriolet 135 par Saoutchik du salon de Paris de 1949

Coach 135 de 1949 par Antem (quelle classe!)

En parallèle à cette expo,

un autre châssis 135 (de 1950), carrossé par Auriac et présentée comme étant une “Spécial Compétition”

 

 

 

 

La 135 a aussi été dérivée en une version plus longue, avec le même moteur mais un seul carbu, c’est la 148 L.

En voici une de 1950 carrossée en cabriolet 4 portes par Guilloré.

C’est le modèle qui était destiné Haut Commissaire Commandant en Chef des Armées en Extrême Orient 1950-1952, le Général De LATTRE de TASSIGNY.

 

Dans l’évolution des modèles, Delahaye sort la 175, la 178 (175 à châssis long de 2,95 m) et la 180 au châssis encore plus long(3,33 m) en 1946. Le moteur passe à 4450 cc pour 140 cv. Toutes les calandres sont dessinées par Philippe Charbonneaux mais elles sont toujours, comme le veut la tradition de la marque et aussi le manque de moyens pour passer à des conceptions modernes  livrées en châssis nu.

Voici donc cette 180 de 1948. Cette berline, carrossée par Chapron, est blindée!

Elle a été commandée par le Parti Communiste pour Maurice THOREZ…!

    

Une autre 148 L (pas blindée) de 1949 présentée par un marchand lors du même salon

La 235 est l’ultime évolution (moteur des 135) mais ne sauveront malheureusement pas la marque…

Ce cabriolet 235, par Chapron est de 1952 (818003).

Je n’ai pas pu aller voir celle présentée à la vente aux enchères mais voici une dernière pour conclure cet article. Merci encore au Club Delahaye pour cette sublime rétrospective!

Delahaye à Epoqu’auto 2016 (1/2)

pour ses 50 ans, le Club Delahaye nous a concocté une rétrospective impressionnante de la marque! Plus d’une vingtaine de voitures étaient exposées (et pas que des 1935!), en partant d’un Type 1 (1896) et en allant jusqu’au VLR (type 182 de 1952).

Delahaye était une des plus anciennes marques française qui, dès le début, a conçu et fabriqué ses propres moteurs. Quand Emile Delahaye s’est retiré, l’affaire fut reprise par Léon Desmarais et Georges Morane (1898) qui ont gardé la politique de qualité et de sérieux. C’est en 1935 que la marque connu la gloire en décidant de conquérir le marché du luxe et du sport avec la “135” (“L’élégance sportive”)… Ce type fut carrossé par les plus grands faiseurs d’une part, et remporta des courses mythiques comme les 24 Heures du Man en 1938! Malheureusement, Delahaye, comme d’autres, ne passera pas le cap de la seconde guerre mondiale, malgré des tentatives (les 235, trop luxueuses et chères) et sera racheté par Hotchkiss avant de dispaître… Néanmoins, le mythe restera! 🙂

Pour revenir à cette expo, voici quelques “Types” bien, d’avant la première guerre:

Type 1 de 1896, ce break a probablement participé à la course Paris-Marseille-Paris, piloté par Emile DELAHAYE lui-même. (Musée de Chatellerault)

Produit entre 1895 et 1901, bicylindres à l’arrière, 7 cv, 375 exemplaires construits.

 

 

Type 32 A de 1912 (double phaeton)

Construit entre 1907 et 1913,4 cylindres, 1950 cc, entre 12 et 16 cv et 60 km/h en pointe.

 

 

 

 

 Type 32 LC, coupé chauffeur par la carrosserie MALRAUX (1914)

 

 

 

 

 

Entre-deux-guerre:

Type 87, torpédo (1922)

 

Sortie en 1921, ce 4 cylindres 10 Cv a été construit à 3800 exemplaires jusqu’en 1926.

 

 

Utilitaire Type 59, “autopompe porteur d’échelle”, 1925

 

 

 

 

 

Utilitaire Type 87 I, camion plateau à ridelles, carrosserie RENOUX et Cie (1925)

 

 

 

 

 

Utilitaire Type 104, 1929

(Reconstruction de l’un des 3 camionnettes, bleu, blanc et rouge qui ont participé à la mission du Prince Sixte de Bourbon Parme en reliant ALGER au LAC TCHAD, aller-retour, de Janvier à Avril 1929)

 

 

 

… à suivre… (types 135 à 235) 😉

Delahaye 148 L de 1950 par Letourneur et Marchand

C’est au rassemblement de Créhange (57) que j’ai découvert cette Delahaye 148L de 1950.

Pour rappel, la marque Delahaye a été fondée par Emile Delahaye en 1895 (avec deux associés, George Morane et Leon Desmarais). Quand Emile meurt en 1905, c’est son ingénieur Charles Weiffenbach, dit “Monsieur Charles”, qui reprend les rênes de l’entreprise et, après avoir construit des voitures de grande qualité mais très classiques, il pris un virage vers le luxe et le sport avec la fameuse “135” à partir de 1933 (avec l’ingénieur Jean François). La petite histoire veut que ce soit Ettoré Bugatti qui lui donna ce conseil en disant, “Vos voitures sont excellentes mais trop lourdes et lentes. Donnez-leur de la puissance!”…

Inutile de revenir sur les succès, tant en compétition qu’aux concours d’élégance, de la “135”, cette voiture est un véritable mythe!

Quant à la “148 L”, elle est, pour faire simple, une “135” mais avec un châssis plus long et avec un seul carburateur. Elle en est donc la version familiale…

Son moteur est le fameux 6 cylindres de 3,5 litres (3557 cc). Il est réputé particulièrement fiable, en plus de son aspect sportif et coupleux. Avec sa boite électro-magnétique à 4 vitesses “Cotal” (on voit bien le “moutardier” sur la photo de l’intérieur) et son grand confort, elle est agréable à conduire, y compris sur grands trajets et ce, malgré son poids et son encombrement important.

 

Evidemment,  elle était livrée en châssis nu et carrossée par les plus grands faiseurs de l’époque comme Letourneur et Marchand, Figoni et Falaschi, Guilloré, Saoutchik, Antem, Autobineau, Pourtout, et bien sûr Chapron qui était le carrossier privilégié de la marque.

Cela en faisait, après guerre, une voiture particulièrement luxueuse mais horriblement chère et malheureusement un peu dépassée avec cette conception d’avant-guerre de “châssis + caisse” alors que la plupart des nouveaux modèles concurrents avaient des caisses “auto-portées” (comme les “Traction”, par exemple).

Le plan “Pons” n’a rien fait pour aider ces marques de luxe françaises et leur marché était donc plutôt l’export et elles étaient vouées à disparaître… 🙁

Néanmoins, je ne boude pas mon plaisir quand je croise un de ces monuments qu’est cette 148 L de 1950 (châssis 801529), carrossée par Letourneur et Marchand.  (C’est amusant de voir comme la traction 15 CV, une de ses concurrentes, garée à côté parait petite en comparaison… Il faut dire que cette “15” est particulièrement basse à l’arrêt puisque c’est une “H” 😉 )

Enfin, son propriétaire m’a expliqué, entre autres anecdotes, qu’il possède cette auto depuis 40 ans, qu’il l’a complètement restaurée et qu’il roule régulièrement à son volant. 🙂

Delahaye 135 “Sport” de 1936

c’est toujours un plaisir de présenter des autos telles que les Delahaye type 135.

Pour rappel, Emile Delahaye présente sa première voiture en 1894, de conception maison, y compris pour le moteur et se fait remarquer très vite en participant aux différentes courses, ce qui lui donne une bonne notoriété et une image de qualité. Il revend son entreprise à MM. Desmarais et Morane qui continuent la construction de voitures “sérieuses” ainsi que des camions (et avec une spécialité pour les camions de pompiers) et des moteurs pour l’industrie. Après le rachat de Brasier en 1933 et de Delage en 1935, la marque décide de se réorienter vers des voitures de luxe et de compétition.

C’est sous la responsabilité de Jean François (ingénieur) et de “Monsieur Charles” (Charles Weiffenbach, responsable des programmes compétition) qu’est conçu le fameux type 135 qui sort en 1935. Il y aura des châssis destinés à recevoir des carrosseries faites par les plus grands faiseurs de l’époque et ceux pour le sport pur et la compétition.

Les modèles “Compétition” (3,5 Litres, 20HP , 120 CV avec ses 3 carbus Solex, deviendra “MS” en 1938) et “Spécial” (ou “CS”, même moteur mais empattement plus court et châssis allégé à partir de 1936) en étant les versions purement sportives. 16 autos seront construites.

Parmi les modèles authentiques, voici la 135 S (n° 46626) de 1936.

Elle était présentée au dernier salon Rétromobile de 2016 sur le stand du club Delahaye. Carrossée par Figoni, elle a su garder son état d’origine!

Elle a participé à de nombreuses compétitions comme le Grand Prix de l’ACF 1936 et les 24 Heures du Mans en 1937, 1938, 1939 et 1949.

Elle fait partie de la collection d’Hervé Charbonneaux.

 

    

D’autres authentiques: 135 Spécial (46084) n°14,

celle-là même qui a fini deuxième aux 24 Heures du Mans 1938 et la 135 Spécial n° 47187 (5ème au Grand Prix de Marseille de 1936 et première la même année aux 24 Heures de Spa Francorchamps avec l’équipage Le Bègue-Mongin).

ou celle-ci de 1936 (vue au VRM 2015)

qui a participé aux 24H du Mans de 1939 avec Eugène Chaboud et Yves Giraud-Cabantous au volant (ils abandonnèrent) et carrossée par Chappe Frères.

 

 

 

Et voici celle qui était présente au Grand Prix Rétro d’Yvois (2016), une 135 de 1936 (et celle-ci, on a eu le plaisir de la voir rouler 🙂 )
        

(je n’ai pas pu discuter avec son propriétaire, il y avait toujours trop de monde autour de lui quand il était à côté de sa voiture… Victime de son succès 🙂 )

vidéo: