Delage DI Série 4 Cabriolet Brigden & Co

Voici un de mes coups de cœur du dernier Epoqu’Auto (2022 à Lyon): une Delage Type DI de 1926 carrossée en cabriolet par J. Brigden & Co et qui arbore une splendide patine!

(châssis n° DI 18266, moteur n° 5240)

 

La Delage DI a été fabriquée entre 1923 et 1928 en plusieurs séries qui ont permis de fiabiliser son moteur (il s’agit ici d’une série 4). La moteur 11 CV est un 4 cylindres de 2120 cc sur 5 paliers avec soupapes en tête qui développe entre 30 et 50 cv selon les versions. c’est bien sûr une propulsion et sa boite est à 4 vitesses.

Très fiables, faciles à conduire et bien finies, les Di ont été un grand succès chez Delage (9284 exemplaires)

Comme toutes les Delage, elle était livrée en châssis nu et c’est ici J. Brigden & Co à Brighton qui s’est occupé de la carrosserie. 

Elle est carrossée en un luxueux cabriolet 2+2 (dont 2 places dans le coffre,!) en aluminium. 

J’adore ses roues flasquées et surtout son tableau de bord…

On se sent comme dans un cocon en voyant ses compteurs blottis au fond d’un « meuble » tableau de bord en acajou!

 

 

 

 

Et, cerise sur le gâteau, on peut admirer une patine de chez patine! Sublime! 

Photos du net:

 

Delage D6-75 Cabriolet Chapron 1939

Cette Delage D6-75 de 1939, carrossée par Chapron en Cabriolet  était exposée à Rétromobile (2022)

Avec son allure raffinée et son moteur performant, le D6 est bien digne de la marque! Elle en est même un modèle phare sur toute sa carrière et ses évolutions…

Même si l’on si on sait que Delage n’a pas résisté aux conséquences de la crise économique, elle a été sauvée en 1935 par Walter Watney qui rachète la marque et trouve un accord avec Delahaye pour continuer la production.

La D6 (6 cylindres, 17 CV, sortie en 1930) avait déjà évolué en D6-11 (1932, puissance fiscale descendues à 11 CV mais avec des roues avant indépendantes) puis arriva la D6-65 (16 cv) en 1934 qui fut la dernière 6 cylindres sortie de l’usine de Courbevoie.

C’est la D6-65 qui inaugure la nouvelle calandre inclinée (je crois).

A partir de 1935, la production est donc transférée chez Delahaye. Les D6 deviennent alors D6-60 (13 Cv pour 60 Cv) et D6-80 (18 Cv pour une puissance de 80 cv). Les moteurs restent de conception Delage et les châssis (empattement 3150 mm) sont créés avec des éléments de chez Delahaye.

Et même si ce ne sont que des évolutions, c’est en 1937 qu’arrive un des plus grands succès de Delage, la D6-70 (15 cv pour une puissance de presque 80 cv). C’est un excellent compromis et les plus grands carrossiers s’en donnent à cœur joie pour en faire les plus belles voitures de leur époque!

Pour 1939, le D6-70 devient D6-75 avec un moteur 6 cylindres en ligne de 2798 cc, 3 carburateurs, dont la puissance monte à 95 cv.

Elle est équipée d’une boite de vitesses Cotal.

Malheureusement, avec la guerre, sa carrière est courte et elle s’arrête en 1940. 

 

Celle présentée ici est un cabriolet carrossé chez Chapron.

Sa carrosserie avec sa baguette chromée droite (qui passe au dessus de l’aile arrière pour aller mourir dans le coffre) et ses ailes avec marchepieds intégrés lui donnent un aspect plus statutaire et moins dynamique que d’autres carrosseries Chapron avec la baguette qui descend sur l’arrière et des ailes plus détachées…

Elle ne manque pas d’élégance pour autant! Elle est sobre et classique et elle impose le respect! 

(Comme à chaque fois sur nos françaises, je ne suis pas fan des pneus à flancs blancs, mais bon… ‘faut bien lui trouver un reproche… 😉 )

Delage D8-120 Pourtout de 1938

c’est toujours lors de la rétrospective de la marque Delage à Epqou’Auto en 2019 qu’était exposée cette D8-120 de 1938 carrossée en Coach Profilé par Marcel Pourtout.

La D8-120 a été construite entre 1936 et 1938.

 

 

Comme toutes les Delage depuis le rachat de la marque par son concurrent direct, la D8-120 est un savant mélange de pièces d’origine Delahaye et d’ingénierie Delage. 

Son châssis court (empattement 3,35 m) en fait une version sportive de la D8-100 et son moteur 8 cylindres en ligne de 4,302 litres développe 115 cv à 3 900 t/mn  et permet une vitesse maxi de 160 km/h. Il est accouplé à une boite semi-automatique Cotal à quatre rapports. 

Le moteur 8 cylindres reste une exclusivité de Delage (Delahaye n’en produira jamais).

Evidemment, ces châssis-moteurs son vendus nus, l’heureux acquéreur peut (ou doit) choisir son carrossier préféré pour l’habiller. L’équilibre et le dessin de ces châssis permettait alors les plus belles réalisations et c’est ce qui explique que ces autos gagnaient souvent des prix aux concours d’élégance!

C’est la carrosserie de Marcel Pourtout, sur un dessin de Georges Paulin qui se charge de la robe de cette auto. (Les 2 associés son surtout connus pour leur réalisations sur Peugeot avec les coupé-cabriolets « Eclipse » et les fameuses « Darl’Mat »).

Il exposera ce « Coach Profilé » au Salon de l’Automobile à Paris en 1938.

 

 

voici une autre Delage D8-120 de 1936 carrossée en cabriolet par Villars ou celle-ci par Vanvooren.

Delage D6-70 Cabriolet Chapron 1937

cette Delage D6-70 de 1937 a été carrossée en cabriolet par Chapron. Elle était exposée à la très belle rétrospective de la marque à Epoqu’Auto 2019.

En 1937, Delage a déjà été repris par Delahaye et bien que le modèle D6-70 soit conçu à partir éléments provenant de cette dernière, elle garde sa propre personnalité. C’est bien une Delage!

En effet, Louis Delâge a gardé son autonomie et son bureau d’étude (et surtout son ingénieur Arthur Michelat ).

Le moteur est issu de celui de la Delahaye 135 ( 6 cylindres en ligne de 3227 cc) mais sa cylindrée est revue à la baisse (2729 cc). Grâce à une course plus courte et une culasse modifiée, il semble plus dynamique… Il développe 68 ch à 4000 tr/min et peut recevoir en option une boîte électromagnétique Cotal.

Aussi, la D6-70 ne reprend pas le châssis de la « 135 » mais celui de sa petite soeur, la 134 (4 cylindres). Il a l’avantage d’être plus léger tout est restant aussi rigide. De plus, sur la Delage, il est préparé pour recevoir des amortisseurs plus moderne « Houdaille ». (à la place des amortisseurs à frictions dépassés) et des freins hydrauliques.

Enfin, la finition haut de gamme qui a fait la réputation de la marque est bien au rendez-vous. Il s’agit bien d’une voiture de luxe sportive.

 Les carrosseries sont, bien sûr, sous-traitées aux meilleurs carrossiers et ce cabriolet est l’oeuvre de Chapron. Comme le veut la tradition chez Chapron (surtout avant-guerre), elle est très bien équilibrée et élégante, tout en restant sobre… 

Il n’est pas étonnant que ces D6-70 aient été un grand succès à leur époque!

 

 

 

(Je suis désolé de la qualité des photos qui ne sont pas à la hauteur de la voiture…)

Delage D6-70 « Berlinette Le Mans Replica » 1936

Cette Delage D6-70 (châssis n° 54411) de 1936 était exposée à Epoqu’Auto (2019) pour la rétrospective de la marque.

 

Bien que la carrosserie soit ici une réplique, elle évoque une auto à la riche histoire mais dont la caisse d’origine a disparu.

 

En effet, tout commence avec la Delage D6-70, châssis n° 50688 de 1936.

Louis Delâge vient de se faire racheter par Delahaye mais reste à la tête de la marque (pour faire simple). 

Pour garder l’ADN de sa marque, il souhaite reprendre la compétition et choisit cette D6-70 (de 3 Litres qui développe 130 Cv à 5100 Trs/mn) qu’il fait carrosser par Figoni-Falschi en coupé aérodynamique (berlinette) pour participer aux 24 Heures du Mans de 1936. Son châssis n’est ni plus ni moins qu’un châssis court de Delahaye 135 S d’un empattement de 2,7 m et surbaissé.

La caisse est entièrement en alu pour gagner du poids et elle est peinte dans un rouge « flashy ». 

(sur le dessin de Rob Roy ci-contre, la Bugatti T57G Tank n°2 de JP Wimille et R Benoist remporte les 24 H du Mans 1937)

Suite aux fameuse grèves de 1936, l’épreuve des 24 heures du Mans de cette même année est annulée et l’auto, dont l’esthétique est particulièrement réussie, se retrouve à participer à de nombreux concours d’élégance!

Mme Richer-Delavau remporte le « Grand Prix des Voitures Aérodynamiques » du Bois de Boulogne en 1936…

Elle finit par être mise en vente dans le garage Autex  (appartenant à Walter Watney), avenue Victor Emmanuel III, le principal concessionnaire Delage parisien.

C’est là qu’arrive Louis Gérard, entrainé par par son fils et qui tombe amoureux de la voiture. Importateur sur Paris de machines à sous américaines, il a les moyens de l’acheter (la légende veut qu’il la paie en pièces de monnaie…).

Il décide aussi de participer à l’édition des 24 heures du Mans de 1937, il a 38 ans.

Pour sa toute première course, avec son co-équipier Jacques de Valence, il finit à une belle 4ième place! La voiture porte le n°29.

Il se prend au jeu et décide de participer aussi à l’édition de 1938! Pour ce faire, il fait transformer son auto chez Figoni-Falschi qui lui construit une caisse biplace de course ouverte.

Elle gagne ainsi environ 150 kg sur la balance.

La voiture porte le n°22 et abandonne suite à un problème de joint de culasse.

Elle remportera néanmoins le Tourist Trophy 1938 et finira 2ème aux 24 Heures de Spa (1ère de catégorie).

La carrière de Louis Gérard durera jusqu’au début des années ’50.

L’auto existerait toujours.

Quand elle a changé de carrosserie, la caisse de berlinette a été « recyclée » sur une Delahaye 1935 (châssis n°48192).

Avec cette Delahaye, Germaine Rouault participe à quelques courses en 1938 et 1939.

Qu’est-elle devenue?

 

 

Et voici maintenant cette Delage D6-70 Réplica qui était exposée à Epoqu’Auto.

Elle a été reconstruite par les Ateliers Auto Classique de Touraine au début des années 2000 et présentée comme telle.

(Je crois qu’il existe une autre reconstruction)

 

 

 

 

Delage D8 « Coupé-Landaulet » 1934

cette grosse Delage D8, châssis long (n° 39254) à carrosserie Coupé-Landaulet de 1934 était présentée lors de la rétrospective de la marque à Epoqu’Auto 2019.

Sa carrosserie de Coupé-Landaulet est l’oeuvre de Letourneur et Marchand. Il faut dire que ce carrossier et Delage étaient très liés, notamment avec Autobineau qui concevait les carrosseries « usines »… 

Le Coupé-Landaulet est une carrosserie de « voiture de maître » puisque que le chauffeur reste à l’extérieur alors que le propriétaire se faisait conduire dans une caisse particulièrement cossue et confortable! La partie arrière s’ouvre, soit pour s’aérer, soit pour se montrer… Le coffre à l’arrière sert pour les bagages.

Ce type de carrosserie était plutôt passé de mode en 1934 mais j’imagine qu’il restait des propriétaires aux goût très classique et « vieille France ». 🙂

Cette D8 serait équipée d’un moteur D8S (8 cylindres, 4060 cc, 23 Cv fiscaux et 120 CV réels), ce qui est suffisamment puissant et coupleux pour tirer confortablement ce type de caisse!

Pour l’anecdote, cette auto a servi de taxi dans Paris dans les années ’50.

La mascotte (probablement en cristal Lalique) est sublime!

DELAGE D8 « S » Berline 2 Portes de 1934

voici une des plus belles automobiles de tous les temps, la Delage D8 S « Berline 2 Portes » (pour ne pas dire Coach ou Coupé), à carrosserie « usine » (pour ne par dire Letourneur et Marchand par Autobineau) de 1934.

Il faut se rappeler que la D8 était un modèle particulièrement haut de gamme avec son moteur de 23 Cv à 8 cylindres pour 4060 cc et une puissance de 120 cv environ à 3800 trs/mn). Les proportions idéales de son châssis ont permis aux meilleurs carrossiers de s’exprimer mais je trouve que ce sont encore les carrosseries « usines » les plus réussies! 

En effet, elle sont élégantes, sobres et la ligne est particulièrement bien équilibrée! La caisse et le capot abaissés de la version « S » lui donne ce côté sportif-chic!

On est là à l’apogée de ces carrosseries (juste avant la mode de l’aérodynamisme et de ces caisses qui deviennent, à mon goût, trop extravagantes et dont le luxe cache un certain manque d’inspiration…)

Par rapport à sa « petite » soeur D6, ont est impressionné par longueur de son capot…! 🙂 

Delage D8 « C » Faux-Cabriolet Vanvooren 1933

ce Faux-cabriolet Vanvooren, sur une Delage D8 « châssis court » était exposé à la rétrospective de la marque de Courbevoie lors du salon Epoqu’Auto de 2019.

Pour rappel, la Delage D8 est synonyme de luxe absolu et, avec son moteur 23 CV, 8 cylindres en ligne de 4060 cc qui développe 105 Cv, elle pouvait « titiller » les Hispano-Suiza, Bugatti et autres américaines (qui avaient lancé la mode des moteurs 8 cylindres ou plus…). 

Elle était proposée en 3 châssis, un normal, un long et un court (qui sera décliné en « sport » avec moteur « gonflé » et surbaissé).

Une autre Delage D8 C, en Cabriolet Figoni, en cliquant ici.

Voici un tarif des prix des automobiles en 1930, on y trouve bien sûr le modèle D8 à 65500 francs en châssis nu (90600 francs avec carrosserie « usine »), elle se positionne donc juste au dessus de la Bugatti Type 44 (17 Cv pour 60000 Francs en châssis nu) mais en dessous de la Type 46 (31 Cv pour 100800 francs). 

L’Hispano-Suiza H6 (32 Cv) reste nettement au dessus à 140000 francs, tout comme la Voisins C12 contemporaine (110000 Francs)… 

Pour la concurrence étrangère, les allemandes comme Horsch, Maybach ou Mercedes sont inaccessibles et la palme du prix le plus élevé va à l’américaine Duesemberg J qui valait 375000 Francs, hors carrosserie (soit presque 6 fois plus que notre Delage)!

Une Peugeot 5 Cv ne coûtait, quant à elle, que 11400 Francs (16200 francs carrossée en berline).

 

 

Celle-ci est carrossée en Faux-cabriolet par la carrosserie Vanvooren.

Ce carrossier haut de gamme a (pour faire court) principalement travaillé pour Hispano (les deux usines étaient voisines).

Il a aussi beaucoup carrossé de Bugatti (pour une question d’amitié avec l’agent parisien, Dominique Lamberjack) et la plupart des Rolls-Royce importée en France (toujours pour une question de liens amicaux/commerciaux)… 

A cette période, au delà de leur qualités, les carrosseries Vanvooren étaient connues pour leur sobriété et leur classicisme ainsi que pour le brevet de structure de flexible renforcée par du métal, grâce à des supports et joints anti-vibration en caoutchouc « Silentbloc » (fournis par « Repusseau et cie »). Ceci permettait d’éliminer les grincements et le risque de déchirure des caisses en bois. (Brevet Marius Daste, patron de Vanvooren depuis 1921).

Delage D8 « C » Cabriolet Figoni 1933

ce cabriolet Delage D8 de 1933, châssis court, carrossé par Figoni était exposé à la rétrospective de la marque à Epoqu’Auto (2019).

Suite à ses succès en compétition, le modèle D8 répond à la volonté de Louis Delâge de monter en gamme afin d’aller « taquiner » les Hispano-Suiza, Bugatti, etc… et de s’installer définitivement dans la catégorie des voitures de prestige.

Pour montrer les qualités du modèle, et en faire sa publicité, Delage organisa un Raid en 1930, avec Robert Sénéchal.

Il s’agissait de réaliser le parcours Paris-Madrid-Barcelone-Monté-Carlo-Rome-Venise-Vienne-Prague-Berlin-Bruxelles-Paris, soit environ 7000 km en une semaine!

Ce fut un succès!

 

 

 

 

Malheureusement pour la marque de Courbevoie, le modèle, bien que très réussi, est présenté juste avant le fameux « crack » de 1929.

La D8 (et ses dérivés D8C, D8S, D8-15, D8-85, D8-105) aura quand le temps d’avoir un beau succès d’estime avant la reprise de Delage par Delahaye (qui continuera la série avec les D8-100 et D8-120). En tout, environ 2000 modèle seront vendus!

Voici la présentation du modèle dans Omnia de 1930 (source: site gallica de la BNF)

Conçue par Maurice Gaultier, la D8 inaugure une nouveau moteur 8 cylindres en ligne de 4060 cc et une puissance fiscale de 23 Cv. Il développe 105 Cv tout en restant particulièrement silencieux pour l’époque. 

Son châssis, particulièrement bien équilibré se prête aux plus belles réalisations de meilleurs carrossiers qui ont tous voulu carrosser des D8. Il était proposé en 3 empattements, 3,43 m pour le châssis « normal », 3,64 m pour le « long » et 3,3 pour le « sport ». Il y eu aussi un modèle « C », court avec un moteur classique mais un châssis court.

C’est justement une Delage D8 « C » qui est présentée ici, carrossée en Cabriolet 4 places par Figoni. 

Elle arbore une belle calandre thermostatique…

Si la mode des 8 cylindres vient des Etats-Unis, je trouve que la ligne de cette D8 s’inspire aussi de ce style…

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