Mercedes 1,5 L “6/40/65” Targa Florio 1923

voici encore un monument, découvert lors du Rétromobile 2019 (stand Axel Schuette) avec cette Mercedes 1500 “6/40/65” type Targa Florio de 1923…

 

 

 

Cette voiture était équipée du premier moteur conçu pour recevoir un compresseur! Avec ses  4 cylindres en ligne de 1,5 L (1499 cc, 64 x 113 mm), deux arbres-à-cames en tête, un vilebrequin à 3 paliers. Il développe donc, avec son compresseur, 65 cV à 4000 trs/mn (régime maxi: 4500 trs/mn, ce fut le premier moteur étudié pour monter dans les tours. (Son nom “6/40/65” signifie: puissance fiscale: 6 Cv, puissance sans compresseur: 40 Cv et puissance avec le compresseur: 65 CV)

Sa participation à la Targa Florio a marqué le début de l’ère de la voiture à compresseur.

 

 

Le 2 avril 1922 Daimler-Benz AG engageait 4 Mercedes de course au départ de la Targa Florio (Sicile), deux étaient équipées du nouveau moteur 6/40/65 ch de 1.500 cc et les deux autres recevaient le moteur 28/95 ch de production modifié.

C’est Max Sailer qui remportera la catégorie des véhicules de production de plus de 4.5 litres. Quant à Paul Scheef, au volant d’une de ces  nouvelles 1,5 L compressée, il se classera 3ème dans la catégorie des voitures de série jusqu’à 1,5 litres. Et au classement général, dans la catégorie des voitures de course, c’est le comte Italien Giulio Masetti qui remporte l’épreuve avec sa voiture privée, une Mercedes Grand-Prix 115 ch de 1914 peinte en rouge, la couleur traditionnelle des voitures de course italiennes.

Dès 1923, Mercedes commercialisera des voiture suralimentée en série avec le succès que l’on connait!

 

Merdedes 680 S de 1928 par Saoutchik

impossible de rester indifférent devant cette Mercedes 680 S (1928) carrossée par Saoutchik… (Châssis 35968)

Déjà, on n’en voit pas tous les jours de ces exclusives  680 Type S dont le châssis a été dessiné par Ferdinand Porsche (oui, oui, il a eu une vie avant de créer sa propre marque quelques années plus tard… 🙂 ).

Ce châssis “Type S” est très moderne avec son centre de gravité très bas qui lui procure une bonne tenue de route, son servo-frein Bosch-Dewandre et sa boite 4 vitesses.

Pour rappel, c’est en 1926, pour faire face à la crise économique en Allemagne, que Daimler (aussi appelé Mercedes sous l’influence d’Emil Jellinek en 1902 qui, suite à un procès avec Panhard-Levassor qui fabriquait ses moteur sous licence Daimler, a donné le nom de sa fille, qui était aussi son pseudo de coureur, à ces automobiles dont il était le distributeur exclusif pour la France, Belgique, Autriche-Hongrie et Etats-Unis.) a fusionné avec son concurrent Benz en 1926 pour devenir “Mercedes-Benz AG”.

Pour revenir à ce châssis haut de gamme mais surtout à vocation sportive, il est équipé d’un moteur 26 Cv, 6 cylindres en ligne avec un arbre-à-cames en tête.

Sa cylindrée est de 6 788 cm3 pour une puissance de 180 cv à 3 000 t/mn, grâce à un compresseur (120 Cv sans compresseur, d’où son appellation 26/120/180 ou 680 pour la cylindrée).

La sportivité des 680S n’est pas à prouver, surtout après sa victoire au Grand Prix de Nurburgring en 1927, entre autres… (la photo est une autre 680S, c’est le même moteur et on voit bien le compresseur sur la gauche)

Elle a été fabriquée entre 1926 et 1930 à 174 exemplaires et donnera suite aux versions SS, SSK, SSKL (entre 1928 et 32).

 

Bien que Mercedes ait ses propres ateliers de carrosserie à Sindelfingen (de très haute qualité), c’est Jacques Saoutchik (Paris) qui s’est chargé de celle-ci. (Il a carrossée 18  Roadsters, 12 sur le châssis 680 S-Type et six châssis courts Type SS).

Le châssis bas avec son long capot se prête bien à une carrosserie Roadster aussi racée dont la sportivité n’a d’égal que le luxe des finitions et des matériaux (laiton nickelé, sublime intérieur en peau de lézard, etc… Les photos parlent d’elles-mêmes!).

Ces carrosseries s’appellent, selon Saoutchik, “Torpédo-Sport Cannes” et existent en 2 ou 4 places ou “Torpédo-Transformable Type La Baules”.

  

Le style est caractéristique du carrossier (notamment l’arrondi du coffre que l’on retrouve +/- sur cette Talbot M67 de 1929)

Les ornements qui bordent les ailes et soulignent le dynamisme de la ligne sont en maillechort, un alliage breveté par les Français Maillot et Chortier en 1927 (d’où le nom). Cet alliage est aussi appelé “german silver”.

 

Sur la structure bois, ce sont des tôles d’aluminium qui sont utilisées, ce qui permet à cette auto, avec tous ses accessoires, sa caisse bois, son châssis rigide et son énorme moteur, de ne pas dépasser 1900 kg et de pouvoir monter à près de 180 km/h…!

pour le plaisir des oreilles, j’aime encore bien le bruit du compresseur (même si là, c’est une SSK donc pas tout à fait la même…) 🙂

Mercedes 28/95 de 1914 à Rétromobile

vue à Rétromobile, cette sublime Mercedes 28/95 (châssis n° 15979, moteur n° 22781, Kommissionsnummer Mercedes n°16835) a su garder son incroyable patine d’époque….:)

La 28/95 est une voiture puissante et de luxe qui a été fabriquée entre 1914 et 1924 (25 on été fabriquées entre 1914 et 1918, la majorité ayant logiquement été construite après la première guerre, c’est à dire 590 voitures jusqu’en 1924. C’est peu mais il ne faut pas oublier le contexte économique de cette période qui ne se prêtait pas vraiment à un tel haut de gamme en Allemagne…).

Par ailleurs, c’est cette voiture qui inaugure les nouvelles calandres profilées en V de la marque.

Elle remplace la 38PS (et son gros 4 cylindres de 9850 cc).

Avec son 6 cylindres (3 blocs de 2 cylindres) en ligne de 7280 cc , ses soupapes en V et son arbre-à-cames en tête, ses 2 carburateurs Zenith, elle donnait 95 CV à 1800 trs/mn et elle pouvait monter entre 110 et 140 km/h…!

Aussi, la Mercedes 28/95 de Max Sailer termine deuxième lors de la douzième édition de la Targa Florio de 1921 et la remportera en 1922 en équipant sa voiture d’un compresseur….

Pour revenir à celle-ci, elle porte la plaque d’un garage français, C.L. Charley, 70 Champs Elysées, Paris. C’était l’agent général de la marque pour la France, la Belgique et L’Amérique (C.L. pour Charley Lehman).

Cette auto a donc été commandée par ce garage en 1914 mais, à cause de la guerre, la commande de son client a été annulée. En 1917, elle aurait été achetée à nouveau mais par un banquier allemand, annulé aussi…Pour finir, en 1919, elle part pour l’Amérique… Il reste néanmoins un doute quant à sa carrosserie, elle-t-elle partie en châssis nu ou déjà carrossée?

Une hypothèse (qui me plait bien…) veut qu’elle ait reçu cette caisse avant son départ et qu’elle proviendrait de J. Saoutchik qui travaillait avec Charley Lehman depuis 1906 sans, pour autant, signer ses réalisations…

Elle aurait même été, à l’origine, un skiff, mais modifiée par la suite pour recevoir des bagages à l’arrière (bagagerie Hermès, excusez du peu…!)

Maintenant, admirons 🙂 :

     

Elle s’est vendue (Bonhams, Vente aux enchères FREDERIKSEN, septembre 2015) à 1,256,250€.

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Mercedes “Grand Prix” 1913

Toujours au VRM 2015, on pouvait découvrir cette très belle Mercedes-Daimler (Grand Prix ou plutôt “Rennwagen”) qui est une reconstruction de la voiture de Christian Lautenschlager pour le Grand Prix de France (au Mans) de 1913.

Ce dernier finit cette course 6ième (derrière les 2 Delage de Paul Bablot et Albert Guyot, les 2 autres Mercedes de Theodore Pilette et Otto Salzer et encore une Delage, celle d’Arthur Duray)

Son moteur est un gros 6 cylindres 28/95 de 7247 cc et la transmission est toujours par chaîne.

(Pour le Grand Prix de 1914, le moteur reviendra à 4 cylindres et 4,5L afin de respecter le nouveau règlement de l’ACF, ceci n’empêchera pas les Mercedes d’avoir les résultats que l’on connait! 🙂 )

 

 

 

Mercedes-Simplex “Grand prix de France” 1908

voici la deuxième Mercedes présente au VRM 2015 (deuxième dans l’ordre chronologique puisqu’elle est de 1908)

J’espère ne pas me tromper mais elle ressemble beaucoup à la Mercedes 120 Hp du pilote Lautenschlager au Grand Prix de France 1908 à Dieppe (et qui finît premier).

Son moteur quatre cylindres (154*170mm, 2 arbres à cames, +/- 130 ch à 1400 trs/mn et 12,4 litres de cylindrée) lui permet une vitesse de pointe de 160 km / h.

Au contraire des modèles “route” de la même époque, la transmission des modèles compétition est pas chaîne.

 

et la voici aujourd’hui:

 

et en vidéo:

Mercedes-Simplex Course 1906

vue au VRM de 2015, cette sublime Mercedes-Simplex de 1906 et de 7500cc de cylindrée…, rien que ça! (pour 4 cylindres).

La transmission se fait par chaines aux roue arrières.

Pourquoi Mercedes?

Comme tout le monde le sait, c’est le prénom de la fille d’Emil Jellinek, basé à Nice et qui était le “concessionnaire” Daimler pour la France (et l’Autriche-Hongrie, la Belgique et les EU) et aussi son pseudo de pilote… Il impose donc ce nom à Paul Daimler et Wilhelm Maybach (les patrons de DMG, Daimler Motoren Gesellschaft) suite à un procès de Panhard-Levassor qui avait acheté la licence et donc le nom Daimler pour la France!

Pourquoi Simplex?

Cette gamme a existé entre 1902 et 1909 et est le fruit de la réflexion de Paul Daimler (fils de Gottlieb, décédé en 1900). Daimler est alors en difficulté et il a compris pour pour développer les vente, il faut des voitures simples d’utilisation et à entretenir. Ce seront donc les Simplex et ces modèle révolutionnent l’automobile car sont, en plus d’être performantes, faciles à vivre (pour l’époque!)

Pourquoi n’a-t-elle pas d’étoile?

Parce qu’elle n’apparaît que courant 1909 (les 3 branches symbolisent la terre, la mer et le ciel).

Ce type d’auto a participé à de nombreuses courses (les Simplex ayant brillé durant toute leur carrière):

et la voici dans toute sa splendeur: