Cord 810 Sedan 1936

Voici le genre d’automobile qui met tout le monde d’acCord… 🙂

Il s’agit d’une très exclusive Cord 810 Sedan Westchester de 1936.

 

 

Errett Lobban Cord avait déjà sorti la sublime L29 à traction avant et au style typiquement “Art-Déco” en 1929 (construite jusqu’en 1931). Ce fut un échec commercial et c’est dans un contexte de crise économique qu’est présentée au salon de l’automobile de New-York en 1935, celle qui devait être au départ une “baby Duesenberg”, la Cord 810.

Evidemment, elle conserve sa traction avant mais ce n’est la seule raison de son avant-gardisme… Sa boite est manuelle synchronisée ou pré-sélective et le système de freinage est hydraulique. Son moteur est, bien sûr, un 8 cylindres Lycoming (la marque appartenant aussi à EL Cord). Il s’agit d’un V8 de 4730 cc qui développe 125 Cv dans cette version (et 170 sur les 812 compressées).

Ce qui est le plus marquant sur cette auto est ce qui se voit! J’imagine le choc qu’elle a dû créer lors sa présentations avec ses phares escamotables (à l’aide de 2 manivelles au tableau de bord), son capot “alligator” sans calandre mais avec des “persiennes” qui l’entourent (ses detracteurs diront “nez cercueil”). Même les pare-chocs reprennent cette esthétique avec ses baguettes au centre…

La caisse, quant à elle, est particulièrement sobre et moderne dans son style “aérodynamique” dont la pureté est accentuée par l’absence de marchepied ou de charnières de portes… (D’ailleurs,  Bugatti ne s’en serait pas inspiré pour ses berlines Types 57 “Galibier”?)

En 1937, le 810 devient 812 avec quelques améliorations et surtout l’adoption d’un compresseur portant sa puissance à 170 cv.

Malheureusement, moins de 3000 voitures seront construites sur ses deux années d’existence (en cause, de gros retards de fabrications et des commandes qui s’annulent ainsi que des problèmes de transmissions qui n’ont jamais été résolus). Ceci ne l’a pas empêchée de devenir une voiture mythique!

Merci à son propriétaire d’avoir pris l’habitude de venir au VRM (Vintage Revival Montlhéry) pour nous permettre de l’admirer…

 

MERCER 1912 Raceabout

C’est encore lors du dernier Rétromobile (2018) que j’ai découvert cette pure sportive qu’est la MERCER “Raceabout” de 1912.

Le nom de Mercer vient de l’endroit où était située l’usine, le comté de Mercer, dans le New Jersey. C’est la famille d’industriels Roebling (qui ont fait fortune notamment dans l’industrie du câble métallique et la construction de ponts dont celui de Brooklyn) et la famille Kuser (qui ont fait fortune avec leurs activités bancaires) qui ont fondé l’Entreprise d’Automobile de Mercer en 1909.

(Pour la “petite histoire”, Washington A. Roebling II, directeur général de Mercer, meurt dans le naufrage du Titanic en 1912)

Ils se mirent à fabriquer des voitures plutôt simples mais très abouties et bien finies et, dès 1910, sort le fameux Type 35 R “Raceabout”! Il s’agit là, probablement, de la toute première vraie voiture de sport américaine! Et quelle voiture de sport!

En 1911, ces Raceabout remportent cinq grandes courses… sur six participations. En 1912, Ralph De Palma établit huit nouveaux records avec un Raceabout à Los Angeles.

Pour résumer, la “Raceabout” est à Mercer ce que la “Bearcat” est à Stutz…! Et la concurrence entre les deux a fait rage sans vraiment réussir à les départager…

Le moteur est un 4 cylindres (2×2) en ligne “T-head” de 4,800 cc pour 55 chevaux à 1650 trs/mn.

La voiture était conçue pour “rouler en toute sécurité” à 70 mph (110 km/h) et faire des pointes à 90 mph (140 km/h)!

Evidemment, il n’y a pas de freins à l’avant mais des tambours à l’arrière et un frein sur la transmission.

Le détail amusant est qu’il n’y a que 2 pédales à “l’intérieur” (si on peut dire), l’embrayage et le frein de transmission. Les freins arrières, “à main” (à côté du levier de vitesses) et l’accélérateur sont à l’extérieur de la voiture…! 🙂

Pour le reste, la voiture est particulièrement épurée, la “carrosserie” se limitant à deux fauteuils, un réservoir et des ailes avant-arrières presque symétriques.

Ah, il y a aussi un pare-brise sous forme d’un simple “monocle” fixé à la colonne de direction…

 

En 1919, la société sera integrée au groupe Locomobile et Crane-Simplex mais disparaîtra en 1925, crise oblige…

Packard 645 “Dual Cowl Phaeton” Dietrich de 1929

Les Packard “Eight” (dans toutes ses variantes, Eight, Light Eight, Standard Eight, Eight DeLuxe, Super Eight, Super Eight Deluxe, Custom Eight…), pour faire simple, succèdent aux 12 cylindres “Twin Six”. (La marque s’est toujours positionnée sur le haut-de-gamme et les voitures de luxe.)

 

Elles sont déclinées en “séries”, sur 3 périodes :

 

 

  • 1924-1931 pour les “séries” de 1 à 8 (1929 voit même l’arrêt des 6 cylindres et la marque ne commercialise plus que des 8 cylindres)
    • les moteurs 8 cylindres en ligne commencent avec un 5,8 L pour 85 ch (soupapes latérales, avec boîte de vitesses à trois rapports, et déjà des freins aux 4 roues) puis un 6,3 L pour 109 ch (150 cv pour les Super Eight).
  • 1932-1941 pour les “série” de 9 à 17 (je crois) avec l’arrivée du modèle “120” d’entrée de gamme (pour Packad!) et le retour d’un 12 cylindres (V12 de 7292cc, 160cv à 3200t/mn) avec les “séries 10”
    • les moteurs passent à 5,2 L pour 120 ch (puis 130 ch en 1935) et la calandre évoluera (elle sera en partie peinte et non plus complètement chromée)
  • 1948-1951

Les “Eight” étaient en concurrence avec les Cadillac, Pierce-Arrow, et Duesenberg… tant que ces dernières étaient encore fabriquées…!

Celle présentée ici, vue à Rétromobile 2018, est une “série 6” (645) de 1929 avec le moteur 6,3 litres (385 ci) et le plus grand châssis d’un empattement de 3,7 m (145 pouces).

Elle porte les n° de châssis: 174323, et n° moteur: 174461A.

Sa carrosserie est due à Dietrich (et porte le n° 373). Il s’agit d’un gros Torpédo 7 places (ou Tourer ou, pour lui donner son appellation américaine, “Dual Cowl Phaeton”)

Elle a été vendue neuve en juin 1929 chez Packard Bridgeport Motors et n’a connu que 7 propriétaires! La carrosserie n’a jamais été restaurée et elle présente une très belle patine.

Elle est truffée de plein d’accessoires d’époque que je vous laisse admirer… 😉

 

Maintenant, si vous voulez en savoir plus, c’est facile: “Ask the man who owns one”…! (demande à celui qui en possède une) 😉

Cord L29 à Epoqu’Auto

Avant de présenter les 2 Cord L29 exposées à Epoqu’Auto (2017), voici un rapide historique:

Errett Lobban “E L” Cord (1894 – 1974) a racheté Auburn après avoir sauvé l’entreprise (en tant que vendeur, il a eu l’idée de faire repeindre le stock de voitures invendues pour les rendre plus attrayantes…) en 1924 puis la “Duesenberg Motor Company” deux ans après. (Il sera aussi le propriétaire des “Moteurs Lycoming”, “Construction Navale de New York”, “Checker Cab”, “Stinson Aircraft Company” et “American Airways” qui deviendra American Airlines…!)

Pour combler le gouffre entre ses deux marques automobiles Auburn (qui se vendent entre 1000 et 2000 $) et les exclusives Duesenberg (dans les 8000 $), il lance l’étude d’une nouvelle voiture à partir de 1927. Elle sera “différente” (ce sont ses termes) et portera son nom! Sortie en 1929, ce sera donc la Cord L29 (proposée autour de 3000$).

Pour ce faire il embauche Harry Miller (dont la voiture à traction avant a été victorieuse aux 500 miles d’Indianapolis avec Bill Cummings en 1934) qui se fait épauler de Carl van Ranst.

Ainsi, elle sera la première voiture de série à traction avant (la Traction Citroën ne sort qu‘en 1934!), son moteur est naturellement un 8 cylindres en lignes Lycoming de 4.8 litres qui développe 125 ch (pour une vitesse maximale de 130 km/h). La boite de vitesses à trois rapports forme bloc avec le pont. L’absence de transmission conventionnelle permet d’avoir un châssis très surbaissé et pour répondre a un problème de rigidité, l’ingénieur en chef Herb Snow crée un châssis en “X” qui fera école…

   

Et c’est donc en 1929 que sort la Cord L29! Elle est sublime, avec son capot très long et très basse, elle a une “gueule” d’enfer et plaît immédiatement!

Malheureusement, elle est arrivée juste avant le fameux crack boursier et sa conception révélera des faiblesses inacceptables à ce niveau de gamme (tenue de route perfectible, fragilité et usure prématurée des joints homocinétiques, performances insuffisantes face à la concurrence …).

Sur toute sa carrière (1929-1932), il s’en vendra à peine plus 5000 exemplaires.

 

   

Une L30 (à V12) prévue ne sortira jamais mais Cord réussira et surprendre encore une fois en 1936 avec les très épurées Cord 810/812!

Il n’en demeure pas moins que j’adore ces autos avec leur style très “Art-Déco” qui va bien avec cette époque des « Roaring Twenties » (ou, du moins, la fin de cette période!).

Et voici maintenant la première qui était en cours de restauration (il semble qu’il ne reste que la caisse à refaire),

c’est une L29 Cabriolet de 1930:

remarquez le moteur qui n’est pas inversé pour être du côté de la boite, le vilebrequin est allongé vers l’avant et les carters sont modifiés…

et la seconde, une L29 de 1929:

Everett 1898

cette Everett (marque américaine) est probablement l’automobile la plus ancienne de ce Salon Champenois des Véhicules de Collection à Reims 2016.

Et pour cause, elle date de 1898, on ne parle même plus du siècle dernier! 🙂

Donc, cette Everett est une voiture à vapeur, comme il y en avait beaucoup au début de l’automobile.

Cette technique a été abandonnée au profit des voitures à essence (et moteur à explosion) pour des questions de praticité et d’autonomie (temps de chauffe au démarrage, réserve d’eau…) mais elles étaient plus fiables, plus agréables à conduire, plus puissantes, et ne nécessitaient pas de changement de vitesses, ce qui a longtemps été la “bête noire” des automobiles …

Cette Everett est un type 18, 2 cylindres à double effet (c’est à dire que les cylindres travaillent de façon positive dans les deux sens, donc chaque ‘temps” est moteur), bruleur à essence pour une puissance de 6 Cv et une vitesse de 45 km/h.

J’aime bien la “simplicité” de sa direction (à queue de vache)…

une vidéo trouvée sur le net:

Il existait, bien sûr, d’autres marques d’automobiles à vapeur comme Stanley pour les Etats-Unis, mais aussi Amédée Bollée (père), Léon Serpollet et même De Dion-Bouton (du temps de l’association avec Trépardoux), etc…

[themoneytizer id=”4805-10″]