Lorraine Dietrich 15 CV de 1925 à restaurer

Voici un beau projet de restauration avec cette Lorraine Dietrich B3-6 de 1925.

Ce châssis, apparemment complet, était en vente sur LesAnciennes.Com (où j’ai récupéré ces photos).

Je n’ai malheureusement pas d’autres infos la concernant mais je la présente quand même car je rêve de pouvoir présenter sur ce site toutes les Lorraine encore existantes… 

 

Toujours est-il qu’avec son moteur 15 cv de 6 cylindres en ligne de 3445 cc et ses 60 chevaux, ce châssis mérite de retrouver une carrosserie digne de le qualité de finition de la marque à la croix de Lorraine et de reprendre la route.

Je pense qu’elle est équipée de roues à rayons Rudge Witworth (option d’époque).

Voici deux autres Lorraine Dietrich 15 cv de cette année 1925, une jolie berline et le torpédo de la vente “Baillon”.

 

 

Il semble que cette 15 Cv était en vente avec 2 autres châssis moins complets… (Je suis preneur d’infos supplémentaires pour compléter cet article et mon inventaire. 🙂 )

 

Lorraine Dietrich moteur d’avion 12 Eb 1925

voici, pour finir la série sur la rétrospective Lorraine Dietrich à Auto Moto Classic de Metz en 2048, non pas une automobile mais un moteur d’avion: le fameux W12 Type 12 Eb de 450 CV.

 

 

Il est particulièrement rare d’en voir un et ce fut un réel plaisir de pouvoir le photographier… 😉

Il s’agit donc d’un moteur 12 cylindres en “W”, c’est à dire 3 rangées de 4 cylindres (à 60°) pour une cylindrée de 24430 cc!

Il développe, avec ses deux carburateurs Zenith et son double-allumage, 450 CH à 1750 Trs/mn.

Sa conception est bien évidemment de Marius Barbarou.

Il a équipé des avions comme les Potez 25, Breguet 19, Levasseur PL.4, etc… 

C’est d’ailleurs sur un bi-plan Levasseur PL8, l’Oiseau Blanc, équipé de ce moteur W12 450 CV Type 12 Eb que Nungesseur et Coli ont tenté la traversée de l’Atlantique dans le sens Paris-New-York en mai 1927…

 

Lorraine Dietrich Type 72 Licence Tatra 1934

le moins que l’on puisse dire, c’est que le Type 72 de Lorraine Dietrich (mais fabriqué sous licence Tatra) n’est pas courant!

Ces deux exemplaires étaient exposés à la rétrospective Lorraine Dietrich à Auto Moto Classic de Metz (2017)

En cette période, les choses bougent beaucoup car la société Lorraine crée la SGA (Société Générale d’Aéronoautique) dont elle est le principal actionnaire en 1930 pour accélérer son développement dans le domaine de l’aéronautique (et l’abandon petit à petit de l’automobile). Elle a racheté les avions Hanriot, Nieuport, la SECM (Amiot et Latham), Motobloc, etc…

Pour faire très court, c’est un échec et la plupart des filiales sont vites revendues, la SGA devient SMAL (Société des Moteurs et Automobiles Lorraine) qui sera en grande partie cédée à Henry Potez et Marcel Bloch (Dassault).

En 1937, la SMAL sera nationalisée et devient SNCM (Société Nationale de Construction de Moteurs) qui sera dissoute en 1942 pour devenir SGMA et travailler pour BMW! En 1945 né la SNECMA (qui reprend Gnome et Rhône qui avait intégré les activités de la SGMA).

En 1957, Marcel Dassault rachète l’usine d’Argenteuil.

Ouf…! 

Tatra est une société tchécoslovaque qui a fabriqué des automobiles pendant un siècle (1897-1999) notamment avec l’avant-gardiste Hans Ledwinka à sa tête! La marque est surtout connue pour deux modèles phares:

  • la Tatra Type 11 fabriquée entre 1923 et 1927 (mais qui aura des descendantes) et qui inaugure l’architecture du “châssis poutre” avec un moteur bi-cylindres à pat et refroidit à l’air à l’avant ( et sur lequel les suspensions sont directement fixées) et le différentiel (à engrenages) à l’arrière qui entraîne deux demi-essieux oscillants (et permet des roues arrières indépendantes).
  • la Tatra 77 (et ses descendantes), très aérodynamique avec un moteur V8 à l’arrière.

C’est en 1931 que Tatra présente un véhicule militaire 6×4 (6 roues indépendantes dont les 4 arrières motrices) basé sur un fameux châssis poutre (concept de la tatra Type 11) et un moteur 4 cylindres à plat de 1,9 litres et refroidit par air.

Il développe 40 Cv.

C’est la société Lorraine qui se chargera de les fabriquer sous licence pour l’armée française.

Tous modèles confondus, environ 200 Types 72 seront construits entre 1934 (ou 1937?) et 1939 (et environ 400 camions Type 28). 

Les châssis et moteurs sortent de l’usine d’Argenteuil et les carrosseries de Lunéville.

A ce jour, il ne resterait que 3 Types 72 survivants dont les deux exemplaires présentés ici!

Voici le premier:

Lorraine Type 72 de 1934 carrossé en plateau, 6×4 et pouvait monter à 50 km/h.

(les photos permettent de bien voir les caractéristiques techniques, décrites plus haut, de ce véhicule)

 

et voici le second: 

Lorraine type 72, licence Tatra de 1934 en carrosserie Torpédo

(pour le transport de troupes)

 

 

 

 

 

Enfin, l’expo était complétée par un moteur de 1933 

                     

et un moteur de camion

Type 28 à 6 roues:

(et deux fiches descriptives trouvées sur le net)

 

 

 

 

Lorraine Dietrich B3-6 Coach de 1923

c’est lors du rallye des Clubs de Marques (2017) que j’ai photographié cette Lorraine Dietrich B3-6 Coach de 1923.

 

Elle a déjà été présentée ici (Lorraine Dietrich B3/6 (n° de châssis: 122467) de 1923, au moment de sa vente à son actuel propriétaire mais ce n’était pas mes propres photos….

(ci-contre une publicité de la marque parue en 1923)

On peut constater qu’elle a des freins à l’avant. Ils sont de série depuis 1923, justement… (et pas encore généralisés sur toutes les automobiles, loin s’en faut!)

Son moteur est toujours le fameux 15 Cv, 6 cylindres en ligne de 3445 cc.

Sa carrosserie me fait penser aux réalisations américaines de cette période, surtout pour l’arrière… (mais je ne sais pas qui en est l’auteur?)

Et, pour rappel, la plupart des Lorraine Dietrich B3-6 ont une conduite à gauche, ce qui était plutôt rare à cette époque pour les voitures “de standing”…

Et voici un article paru dans “La Pratique Automobile Vulgarisée” de 1923 et qui présente de manière élogieuse la Lorraine Dietrich B3/6 de 1923 et ses capacités à tenir des moyennes élevées sur des grands parcours…

Lorraine Dietrich B3-6 berline Grummer 1928

cette Lorraine Dietrich B3-6 berline de 1928 était exposée à la rétrospective de la marque à “Auto Moto Classic Metz” de 2018.

En réalité, depuis cette année 1928, Adrien de Turckheim et Charles Nicaise ayant perdu leur procès contre la famille De Dietrich, le marque n’a plus le droit d’utiliser ce nom et s’appelle désormais Lorraine “tout court”.

L’auto représente bien la montée en gamme du modèle depuis ses débuts, où la B3-6 se voulait une 6 cylindres économique et là, où elle a pris de l’embonpoint… Le châssis est plus grand, ce qui permet des carrosseries plus grosses/cossues. 

Son moteur, bien qu’il soit resté fidèle au 15 Cv, 6 cylindres de 3445 cc est plus puissant qu’à ses début. Aussi (je n’ai malheureusement pas de photos de ce moteur), les tiges de culbuteurs ne sont plus visibles. Il développe 75 Cv (au lieu de 40 CV sur les premières) et sa calandre parait désormais énorme!

Enfin, depuis l’année précédente, elle a des roues fils et non plus de type artillerie et elle aurait du avoir des petits phares additionnels qui faisaient partie de l’équipement de série à partir de 1928.

Je pense que la carrosserie de celle-ci est un type “Gloriosa” des Etablissements Grummer (qui appartiennent à la marque et qu’il ne faut pas confondre avec la carrosserie Gaston Grummer) décrite ainsi:

Conduite-intérieur, sur châssis 15 cv, 6 cylindres, Lorraine, long. Bois et tôle. Séparation intérieure, 4 portes, 4 glaces, 6 places dont 2 strapontins face à la route et jointifs.

(photo trouvée dans le livre de Philippe Leroux “De la chrysalide au papillon…, la 15 Cv Lorraine Dietrich.”) 

Sur ces photos ci-dessus (prises lors de son passage à Epinal pour le Rallye des Clubs de Marques en 2017), on voit la différence de taille de la calandre par rapport à sa voisine de 1925…

Lorraine Dietrich B 3-6 Sport Spider de 1927

toujours présente à la rétrospective Lorraine Dietrich à Auto Moto Classic de Metz (2018), cette Lorraine 15 Cv est une B3/6 Type Sport de 1927 carrossée en Spider.

C’est la sixième B3-6 “Sport” (dont 3 qui ont participé aux 24 Heures du Mans) exposée sur ce salon, il ne faut néanmoins pas oublier que ces modèles (Type “Sport” ou “Le Mans”) étaient particulièrement rares à l’époque (et encore plus aujourd’hui!)… Pour rappel, sur les 65 autos B 3/6, 15 Cv Sport construites, il en resterait 15 seulement.

Sous son capot (en alu et possédant des ouvertures d’aération sur le dessus), le moteur est bien sûr le 6 cylindre en ligne de 3445 cc qui, avec son double allumage, ses 2 carburateurs, etc… développe maintenant 110 cv et peut emmener la voiture à plus de 140 km/h. 

Comme toutes les B3/6 depuis le salon d’octobre 1926 (et donc la gamme de 1927), elle est équipée de roues à rayons.

Sa carrosserie, épurée, est franchement typée sport avec ses ailes qui entourent bien les roues, l’absence de marchepieds et le châssis caréné (même à l’avant, cachant l’essieu).

Les photos ci-dessous ont été prises lors de son passage à Epinal au Rallye des Clubs de Marques (2017)

Même l’accès à la place arrière (non visible sur les photos) doit être bien sportive! On aperçoit deux marchepieds, un à l’arrière et l’autre au dessus de l’aile arrière droite.

Les modèles “Sport” arborent la plaque commémorative de la victoire aux 24 Heures du Mans de 1926.

Les publicités dans les revues ne se privent pas non plus de la rappeler!

 

 

 

 

 

 

Invitation au voyage!

Et une petite vidéo pour finir 😉 

Lorraine Dietrich B3/6 Berline J.Lourtioux 1925

Cette sobre Lorraine Dietrich B3-6 Berline carrossée par J. Lourtioux était exposée à la rétrospective de la marque à Auto Moto Classic Metz de 2018.

Evidemment, son moteur est le fameux 15 Cv, 6 cylindres de 3445 cc. Sa puissance n’a cessé d’augmenter au fil des années et  il développe ici 60 CH pour une vitesse de 100 Km/h. (Pour rappel, les premières B3-6 avaient une puissance de 40 cv)

Voici un article presque objectif présentant la 15 Cv Lorraine Dietrich paru dans “La Pratique Automobile Vulgarisée” d’octobre 1925 (Gallica, site de la BNF)

Pour ce qui est de la carrosserie, c’est l’oeuvre de J. Lourtioux à Montluçon.

Je n’en sais pas plus sur ce carrossier et sa seule réalisation que je connaisse…

Voici juste, ci-contre, une facture trouvée sur le site Delcampe qui prouve que la carrosserie existait encore en 1934.

 

et une pub dans l’Almanach du courrier du Centre de 1922 (merci au site Gallica de la BNF), ce qui qui prouve que J. Lourtioux existait déjà en 1922…

 

 

 

 

 

Son propriétaire a la bonne idée de s’en servir et de rouler, ce qui fait que j’ai déjà eu le plaisir de la croiser lors du Rallye des Clubs de Marques en 2017:

La même revue “La Pratique Automobile Vulgarisée” avait régulièrement des publicités Lorraine Dietrich (d’où l’article cité plus haut, je pense… 🙂 ), en voici de 1925:

Lorraine Dietrich B3-6 Sport Torpédo Labourdette 1927

quelle élégance pour cet incroyable Lorraine Dietrich “Sport” carrossé par Labourdette en Torpédo “Trèfle”, de 1927!Il était présent à la rétrospective de la marque à Auto Moto Classic à Metz (2018).

C’est sur le châssis (n°125503 ou 125563?) particulièrement affûté de la Lorraine B3/6 “Sport” type Le mans que Henri Labourdette a œuvré…

Ce châssis est plus court (empattement de 2,89 m) et son moteur 6 cylindres 15 Cv de 3445 cc est gonflé, notamment grâce à un double allumage et 2 carburateur Zenith. Il développe donc plus de 100 Cv et peut monter à 145 km/h tout en restant très fiable!

Voici comme cet autre torpédo est décrit dans “Un siècle de carrosserie” par Henri Labourdette:

…/ un torpédo à rampe en bois verni et à pontage acajou verni, formant couvercle du coffre. Le coffre avant pour les malles (celle présentée ici diffère car elle a une place passage supplémentaire, au détriment des bagages. Est-ce néanmoins cette même auto modifiée ou y en a-t-il plusieurs de carrossées ainsi?), celui d’arrière pour les roues de secours. Le décrochement de la portière formant accoudoir fut apprécié par les amateurs de voitures de sport. En dégageant le coude, il autorisait une caisse plus étroite, se profilant bien avec le capot. Noter le coffre à outils encastré dans le marchepied et légèrement profilé à l’arrière.

La ligne avec la capote en place est nettement moins heureuse, il faut l’admettre! Cette dernière ne devait servir qu’en dépannage…

Non mais quelle ligne! J’ai beau chercher, je ne lui trouve pas de défaut…

L’intérieur n’est pas en reste, c’est une vraie invitation au voyage… A noter que les conduites à droite ne sont pas courantes, la plupart des B3/6 possédant une conduite à gauche d’origine.

Pour conclure, cette auto cumule un des plus beaux châssis de l’époque et la carrosserie d’une des meilleurs carrossiers de cette même époque. Le Graal, quoi! 🙂

Il est, par ailleurs, probable que ce soit l’ancienne voiture de Serge  Pozzoli, vendue en 1994.

ici en vidéo:

Lorraine Dietrich B3-6 victorieuse des 24 Heures du Mans 1925

voici la Lorraine Dietrich B3-6 qui a fini première au “Grand Prix d’Endurance de 24 Heures”, “Coupe Rudge-Witworth” au Mans en 1925 sous le n°5.

Elle était exposée à la rétrospective de la marque à Metz (2018) au salon Auto Moto Classic.

Elle a été reconstruite avec la majeure partie de ses pièces d’origine, notamment son châssis (122386).

C’est une chance qu’elle n’ait pas disparu car il s’agit d’un véritable monument historique puisque c’est exactement celle dans laquelle de Courcelles et Rossignol ont remporté la course des 24 Heures du Mans en 1925 en parcourant 2234 Km à une moyenne de 93 km/h.

Par ailleurs, la n°4 de Stalter et Brisson finit troisième.

Toujours basée sur un châssis court “sport”, la carrosserie s’affine encore.

La capote gagne en simplicité d’installation (à défaut d’élégance et d’efficacité mais ce n’est pas la priorité en compétition)…

On les reconnait au premier coup d’œil car les roues de secours se retrouvent sur les marche-pieds, ce qui s’avérera peu pratique pour monter et descendre lors des ravitaillements.

 

 

Le moteur, quant à lui, est poussé et inaugure un double allumage pour développer 100 cv à 3000 trs/mn et reçoit un radiateur d’huile supplémentaire (derrière le radiateur d’eau qui, lui, est protégé par une grille). Contrairement à la n°4, elle n’a qu’un seul carburateur.

Le tableau de bord est très complet, il a même son boulier pour compter les tours…

vidéo: