Aston Martin 1,5 L “Short Chassis Le Mans” 1933

Cette superbe Aston Martin 1,5 Litres Châssis Court Le Mans de 1933 était exposée à Rétromobile (2018)

C’est le marchand Auxietre et Schmidt qui la proposait à la vente.

Fondée en 1913 par Lionel Martin et Robert Bamford, la société “Martin et Bamford” vend des automobiles Singer et Lionel Martin, passionné de compétition remporte la course de côte d’Aston Hill sur une voiture qu’il a préparée .

La société ne devait pas survivre à la première guerre mondiale mais le comte Zborowski la sauve grâce à son apport financier.

C’est ainsi que leur première voiture, une 1500 cc, est commercialisée en 1922 et se nomme Aston Martin, en hommage à cette victoire!  Mise en liquidation en 1925 (Zborowski étant parti chez Mercedes en 1924 où il se tue dans un accident), ACF Bertelli reprend la marque qui avait une belle image et un beau palmarès en course.

Les Aston Martin 1500 ont alors pour objectif de gagner les 24 Heures du Mans et, même si elles ne gagnent pas aux participations de 1931 (5°) et 1932 (5° et 7°), elles remportent la coupe biennale de 1932 (meilleur résultat au cumul sur les deux années) dans la catégorie 1500.

C’est de nouveau en hommage à ce résultat qu’en présentée la 1500 Type Le Mans à châssis court à vocation encore plus sportive! 

Son moteur est un 4 cylindres de 1495 cm3, 1 ACT développe 75 ch à 5000 trs/mn (régime très élevé à l’époque) qui lui permettent d’être très rapide et véloce grâce à son poids plume et son châssis rabaissé.  

En tout, environ 380 exemplaires de “1500” seront produits entre 1927 et 1936, déclinés en 3 séries (Série I de 1927 à 1932, Série II de 1932 à 1934 et Série III ou Mark II de 1934 à 1936)

Celle présentée ici est le châssis H3/303/S, l’un des 106 exemplaires produits par l’usine Aston Martin en 1933. 

Et oui, Aston Martin a eu une vie avant l’arrivée de David Brown en 1947 et il n’y a pas que les “DB” qui sont intéressantes…! 🙂

Et voici une autre Aston Martin “1500”, en châssis “normal”, on voit bien la différence de longueur…

Facel Véga Facel III Cabriolet

Cette belle Facel 3 Cabriolet s’exposait lors du Rétromobile de 2018.

Même si le moteur 1600 “Pont A Mousson” de la Facellia a été fiabilisé, le mal était fait et le modèle se vendait mal.

C’est pourquoi est présentée et commercialisée, à partir d’avril 1963, la Facel III .

Fruit d’un accord passé entre Facel Vega et Volvo, elle est équipée du moteur B18B et de la boite de vitesse de la marque suédoise, gagnant ainsi en fiabilité et en performances. 

Les lignes ont quelque peu évolué, le coffre arrière s’arrondit et perd ses feux “couteaux” et la face avant change en abandonnant les grilles “coupe frites” de chaque côté de la calandre. 

La finition intérieure est au top avec une sellerie cuir et le fameux tableau de bord en tôle peinte imitation bois (avec tous ses compteurs!).

Ce cabriolet Facel III (FB A-180) a été complètement restauré et, même si ses couleurs sont très élégantes, je doute qu’elles soient d’origine?

Le “chic à la française”… 😉

Facellia F2 Coach 4 places

même si je présente surtout des automobiles avant-guerre sur ce blog, je ne suis pas insensible aux charmes de la petite Facel Véga, la Facellia…

Avec son moteur “Pont A Mousson” (4 cylindres en ligne de 1646 cm3 développant 115 ch à 6400 tr/min, culasse double ACT,  boîte de vitesse provenant également des fonderies Pont-à-Mousson), la Facellia se voulait une auto 100% française et 100% Facel (en fait, c’est surtout que Jean Daninos n’a pas réussi à avoir d’autorisation pour importer un moteur comme pour la HK500 (V8 Chrysler) et que les constructeurs français ont refusé de lui en fournir un…). 

La ligne, particulièrement réussie, l’image de la marque et sa finition haut de gamme ont contribué à la réussite commerciale rapide de la Facellia mais la fragilité du moteur a accéléré les difficultés économiques… (Par manque de temps pour lancer le modèle, le moteur n’a pas pu être suffisamment fiabilisé et les premières mécaniques cassaient comme du verre, nécessitant des échanges standards aux frais de l’usine, précipitant sa ruine!)

Le moteur sera fiabilisé sur les modèles F2 et F2B puis remplacé par un moteur Volvo (celui de la P1800) sur la Facel III. 

Avec ses phares “Megalux”, je pense qu’il s’agit ici d’une F2B donc elle serait d’après le salon de 1961, donc entre 1961 et ’63… Les “Facellia”, toutes versions confondues (y compris facel III) ayant été produites entre 1960 et 1964.

Pour ma part, j’adore sa face avant et sa calandre “coupe-frites”, l’équilibre de sa ligne (même si le coupé 2+2 est encore plus beau!), ses feux “couteaux” à l’arrière, etc… 🙂 

Facel Véga FACEL II (type HK 2)

impossible de rester insensible devant cet imposant coupé Facel Vega “Facel II” (type HK2).

La Facel II (1961-1964) était la vaisseau amiral de chez Facel Vega et succédait à la fameuse HK 500.

Les gènes de Facel Véga sont bien là: ligne à couper le souffle, gros moteur V8 d’origine Chrysler, intérieur somptueux, prix stratosphérique, etc… 

Et si la ligne semble inspirée de celle de sa petite sœur, la Facellia sortie un an plus tôt, c’est plutôt l’inverse puisque son étude est antérieure et c’est  par soucis de cohérence esthétique dans sa gamme que Jan Daninos a souhaité que la Facellia s’en inspire! (La Facéllia sera néanmoins restylée cette même année en récupérant notamment les fameux phares “Megalux”.)

et en voici une autre, passablement modifiée…

En effet, elle a été complètement modernisée et ne garde de l’origine que l’allure générale…. 

Le moteur est un EFI Hemi 392 Gen 3 de 485 chevaux, avec une transmission automatique 545RFE à cinq vitesses, plus la climatisation, plus un système de navigation par satellite, plus un système stéréo moderne…

Les freins ont aussi été revus, ainsi que son radiateur qui est bien plus gros. 

Rolls-Royce Silver Ghost 1914 Kellner

c’était à rétromobile (2018), sur le stand du marchand Fiskens, qu’était présentée cette incroyable Rolls-Royce 40/50 HP “Silver Ghost” (châssis n°67RB) de 1914 carrossée en torpédo par Kellner.

Pour faire simple, la Rolls-Royce 40/50 HP, dite “Silver Ghost”, n’a pas d’autre ambition que d’être “la meilleure voiture du monde”! Et c’est plutôt réussi, à tel point qu’elle sera produite pendant près de 20 ans (1907-1926) avec quelques évolutions…

Equipée initialement d’un moteur six cylindres (2 bi-blocs de 3 cylindres) à soupapes latérales de 7 036 cm3  avec un vilebrequin à 7 paliers pour éviter toute vibration , lubrifié sous pression , double allumage, il développe 48 Cv à 1250 Trs/mn (régime très bas, toujours pour limiter les vibrations!), ce moteur passera, à partir de 1910, à  7 428 cm3 et développera jusqu’à 80 Cv à 2250 Trs/mn!

En 1914, il fait 60 Cv. La boite est à 4 vitesse avec une prise directe et le freinage se fait sur les roues arrières et sur la transmission (elle recevra des feins à l’avant servo-assistés à partir de 1923).

La finition et l’attention des détails étaient particulièrement élevées et chaque châssis était scrupuleusement testé avant la livraison au client! Chacun devait être absolument parfait et son prix s’en ressentait. Cela ne l’a pas empêchée de se vendre à plus de 6100 exemplaires sur sa carrière à une riche clientèle… 🙂

Celle présentée ici (67RB) est construite sur un châssis amélioré, dit “Londres-Edimbourg”.

Ce châssis a été fabriqué en petite série (environ 180 exemplaires) et résulte d’un défis du concurrent Napier. Il s’agissait de parcourir le trajet Londres-Edimbourg sur la vitesse la plus haute en consommant le moins possible! C’est avec une 40-50 Hp légèrement préparée (taux de compression augmenté, carburateur plus gros…) que le défi est remporté avec une consommation de 24,32 miles par gallon (c’est à dire 9,67 litre/100 km). Pour “enfoncer le clou”, la Rolls-Royce battra encore Napier dans une course chronométrée sur la piste Brooklands  (78,26 contre 76,42 mph, soit plus de 125 km/h).

C’est donc un châssis “sportif” de 1914 qui est carrossé par la luxueuse maison Kellner. C’est un Torpédo, cette carrosserie étant aussi à vocation plus légère et sportive (mais la légèreté a dû être oubliée au profit du luxe et des finitions!)

Voici son histoire (extrait de l’annonce de sa vente aux enchères, ainsi que des photos)

Le 67RB était équipé d’une direction «C», de raccords en nickel, d’un radiateur de 22 pouces et d’une boîte de vitesses à quatre rapports.

67RB a une histoire intéressante, ayant été achetée par le distributeur français Rolls Royce pour le client portugais, MM Castanheira, Lima & Rugeroni Limited de Lisbonne. La famille Rugeroni a été clairement impressionnée par le Silver Ghost et a commandé plus tard un autre Ghost à ajouter à leur collection. 67RB fut expédiée en toute sécurité au Portugal, heureusement juste avant les invasions allemandes de Belgique et de France, et elle y resta jusqu’à la fin de sa vie. Finalement, il a été trouvé en Angleterre en 2009 dans l’état original de faible kilométrage et a été acheté par le propriétaire actuel. Malheureusement, la carrosserie originale Kellner manquait …/…

Quelques années plus tard, la célèbre autorité US Silver Ghost, Steve Littin, a contacté le propriétaire par rapport à un Ghost trouvé en Hollande et équipé d’une carrosserie pas d’origine. Il s’est avéré que cette voiture était la seconde Ghost ayant appartenu à la famille Rugeroni et nous pensons qu’à un moment donné, ils ont enlevé la caisse Kellner de 67RB pour le monter sur le châssis récent. …/… Lorsque le corps de Kellner a été remis sur le châssis de 67RB, il s’est aligné pratiquement d’un trou à l’autre et est retombé directement. Après une étude détaillée, Littin a  pensé que c’était bien le corps de 67RB …/…

Elle a alors été entièrement restaurée et retrouvé tout son lustre! La finition de chez Kellner est à la hauteur de sa réputation et les accessoires sont incroyables…

Rolls-Royce Phantom II “Esders” Coupé de Ville par Letourneur et Marchand 1932

voici la Rolls-Royce Phantom II (40/50 HP) d’Armand Esders de 1932 carrossée par Letourneur et Marchand, sans phare!

Elle était présentée à Rétromobile (2019 et 2018 en cours de restauration) sur le stand de Christoph Grohe.

Pour rappel, la Phantom II a été dévoilée en automne 1929 et a été construite jusqu’en 1935 (1680 exemplaires). 

Son moteur est un 6 cylindres (bi-bloc de 3 cylindres mais culasse unique, arbre à cames en tête et double allumage) de 7,7 litres (7668 cc) souple et silencieux et la boite à 4 vitesses y est accolée.

Le châssis, à grand empattement (3,66 m ou 3,80 m), surbaissé par rapport à la Phantom I (ou New Phantom) se prédestinait à des voitures de maîtres type “coupé chauffeur” ou grandes berlines/limousines… Un châssis plus court, type “Continental” existait aussi pour les plus sportifs…

Celle présentée ici a été commandée en octobre 1931 par le richissime Armand Esders (industriel et “Empereur du prêt-à-porter”), non pas pour lui-même puisqu’il venait de se commander une Bugatti Royale qu’il a fait carrosser en roadster sur un dessin de jean Bugatti, mais pour son épouse Yvonne. 

On la voit derrière la Bugatti 41111 (avec des phares, elle a dû rouler de nuit au moins une fois!) et avec Mme Esders.

 

C’est la maison Letourneur et Marchand qui s’occupe de la carrosserie de la Rolls-Royce et, en accord avec Armand Esders, elle reçoit une carrosserie type “Coupé de Ville” (Mme Esders ne conduisait probablement pas…) particulièrement épurée!

La pureté des lignes devait se suffire à elle-même… On imagine bien la “patte” du spécialiste de mode et du bon goût dans la sobriété (pas de mascotte, pas de badges sur les roues, pas de roue de secours, pas de charnières de porte visibles, pas de plaque de carrossier visible, pas de pare-chocs, pas de roue de secours, pas de poignées sur les portes du conducteur, pas de moulures chromées, juste une poignée centrée sur la porte passager…)

C’est minimaliste et c’est ce qui en fait tout son charme! Toute noire, la subtilité vient des portes conducteur (et son “pied de botte”) couleur ivoire avec un intérieur très luxueux en drap beige.

Evidemment, dans la liste des absences, la plus remarquable est, bien sûr, celle des phares! En effet, Mr Esders les refusait sous prétexte qu’il ne roulait jamais de nuit (et ne souhaitait pas sa femme le fasse aussi, semble-t-il).

Il la revend en 1938, tout comme sa Bugatti Royale.

Et, comme par malédiction, les carrosseries de ces deux autos, si particulières, seront modifiées! 

La Bugatti devient un “Coupé Royale” réalisé chez Binder (avec des phares mais sans l’élégance du “Coupé Napoléon”!) tandis que la Rolls se transforme en berline en recevant un toit et des portes complètes à l’avant ainsi que des baguettes chromées et de nouvelles poignées.

Je ne sais pas quel carrossier s’est occupé des modifications.

La décision a été prise de lui redonner son aspect d’origine et les travaux avaient commencé quand elle était exposée à Rétromobile 2018… C’était la dernière fois que l’on pouvait la voir dans cette configuration!

Sur le même stand, lors de Rétromobile 2019, elle avait retrouvé son aspect d’origine.

(et j’ai raté mes photos, désolé)

et voici des Hispano-Suiza ayant appartenu à Armand Esders;

Georges Irat 2 Litres Type 4A Coach

Voici une Georges Irat 2 Litres Type 4A de 1927 (je crois?) mais avec une carrosserie “Coach” un peu particulière! ;).

En fait, la caisse est plus récente que le châssis et semble issue d’une Rally r15 de 1931 environ. Il est probable que l’adaptation ait été faite juste après guerre… En effet, cela se faisait beaucoup, soit pour essayer de rajeunir une auto (faute de pouvoir s’en procurer une neuve) soit pour réparer des dégâts avec les moyens du bord!

En tout cas, celle-ci a su garder une belle patine qui sent bon le vécu…

Toujours est-il qu’il s’agit ici d’un des rares modèles de ces superbes 11 CV (type 4A)  survivants (au total, il n’en resterait que 12)… Et on lui pardonne bien cette modification qui fait, finalement, partie de l’histoire de cette voiture…

Ce type de modification faite à une époque où c’était “cohérent” n’a rien à voir avec une transformation (destruction) récente – quelque soit la marque – d’une berline en cabriolet/grand-sport pour faire monter son investissement, au détriment de l’histoire et de l’origine du modèle!

Pour revenir au modèle, il s’agit bien d’une Georges Irat, 11 Cv, Type 4A pour 4 cylindres, 2 Litres (1998 cc) qui développe entre 40 et 60 Cv selon les versions… La version la plus sportive pouvait monter à 140 km/h.

C’était probablement la meilleure  2 Litres/4 cylindres de sont époque et sa sportivité n’avait d’égal que sa qualité de finition digne de la gamme supérieure!

Son slogan “la Voiture de l’Elite” n’était pas usurpé…