Delage D8S Coach par Chapron de 1932

Les Delage D8 font partie du club fermé des voitures les plus mythiques, luxueuses et performantes de l’entre-deux-guerre.

La Delage D8, 23 Cv, 8 cylindres en ligne de 4061 cc (102 cv à 3500 trs/mn, du couple et du silence) avait, pour concurrentes, des Hispano Suiza H6 ou Bugatti 57 (ou 49)…, excusez du peu!

 

Pour ma part, j’ai une nette préférence pour les modèles d’avant le rachat par Delahaye, c’est à dire avant 1936 (je trouve la calandre, plus droite, beaucoup plus belle et les carrosseries plus sobres et chic…)

Cette Delage D8 S (sport, châssis court et surbaissée, moteur plus puissant) de 1932 fait partie de cette catégorie et je suis complètement fan de cette carrosserie Coach par Chapron d’un équilibre parfait!

C’est le châssis n°36019 (moteur n°22) et elle a été vendue (274160€) par Artcurial lors du dernier Rétromobile (2018)

Admirez le pare-brise qui épouse la forme du capot en bas et à angle vif sur le dessus, qui contraste avec l’arrondi de l’arrière! Pas besoin de fioritures, les lignes se suffisent à elles-mêmes.

C’est racé, c’est art-déco, c’est chic, c’est… (ah, je ne sais plus si je vous dit que je suis fan 🙂 )

 

En tout, seuls 99 châssis D8S seront construits sur 2000 D8 environ (entre 1929 et 1940).

C’est un beau succès compte tenu du positionnement de cette auto et de la crise économique!

Ces 3 Chapron (je pense) sont garées devant la concession Goelitzer et Cie (Alger). Les carrosseries semblent similaires mais les châssis n’ont pas l’air surbaissés…

Pour la publicité, Robert Sénéchal (celui des cyclecars du même nom et concessionnaire Delage) effectuera 7000 km à bord d’une D8 en plein hiver pour un tour d’Europe en 8 jours.

  

Après quelques échanges avec des amoureux de la marque (dont la fille d’Henry Chapron!), il s’avère que cette auto soit loin d’être parfaite et que quelques doutes subsistent quant à son authenticité…

(finition indigne pour Delage et Chapron sur le toit, gouttière non conforme et soudure suspicieuse sur les montant de pare-prise qui laisse penser à une mauvaise adaptation…, l’intérieur ne va pas non plus car la banquette arrière et les sièges avant ne seraient pas du « Chapron »…)

Dommage car cette auto frôlait mon « idéal esthétique » dans sa catégorie…

BNC 527 « Saint Hubert » 1929

C’est encore lors du dernier Rétromobile (2018) qu’était exposé ce beau cyclecar BNC 527 (Bollac, Netter & Compagnie) bien patiné de 1929 (châssis n° 27118 et moteur Ruby DS n° 2768 DS).

Il était en vente par Artcurial (vendu 72500€)

Chez BNC, il ne faut pas nécessairement voir les « 527 » comme une voiture un cyclecar à part entière mais plutôt comme un châssis (empattement 2,35; voies 1,15 m; essieu avant Perrot Piganeau) qui se décline en différents modèles selon le moteur utilisé (Ruby ou SCAP, compressé ou pas…) et sa carrosserie.

Ici, il s’agit d’un moteur RUBY type DS de 1097 cc et 6 CV (c’est le même moteur qui sera utilisé chez Georges Irat dans les modèles MDS en 1935 sauf qu’il est retourné avec la boite devant, traction-avant oblige…).

Pour une fois, elle n’a subi aucune modification et a même gardé sa carrosserie « Saint Hubert » d’origine (la carrosserie des BNC a souvent été modifiée pour arborer un « cul pointu » type « bordino »).

 

Cette carrosserie se veut d’avantage de Grand Tourisme grâce à son coffre qui permet d’emporter des bagages pour un week-end et sa porte côté passager (qui permet d’emmener une copine pour ce même week-end…!).

Elle garde néanmoins son allure très sportive avec son châssis très bas, ses lignes ramassées et sa fameuse calandre inclinée… 🙂

petite synthèse sur la marque:

 

Panhard Levassor 35 CV des Records (1926)

Voici une voiture impressionnante, j’ai nommé l’authentique Panhard Levassor 35 CV de 1926 (Châssis n° 69999 / Moteur n° 100, code 6004)  modifiée par l’usine pour l’anglais George Eyston en voiture de record.

C’est le Musée de la Cité de l’Automobile (ex Schlumpf à Mulhouse) qui l’a exposée lors du dernier Rétromobile (2018) et il s’agit là de la seule authentique!

 

Voici un résumé de son histoire:

« Pendant l’entre-deux-guerres, les constructeurs mettent beaucoup d’ardeur à établir des records de vitesse, gages de notoriété et de retombées commerciales. Pour cela, ils construisent des véhicules équipés de très gros moteurs de 8/10 cylindres. Paul Panhard, nouvellement arrivé à la tête de la firme, souhaite redresser l’image sportive de la marque en se lançant dans cette chasse aux records.

Parallèlement, après 1930, un grand intérêt se manifeste Outre-Manche pour ces « monstres » de 8 litres et plus, dont raffolent les gentlemen de l’époque, épris de courses courtes ou même de pures tentatives de records. Le vieil autodrome de Brooklands est ainsi le théâtre d’inoubliables rassemblements de « monstres » de 8 litres et plus. Cette 35 CV est ainsi modifiée à l’initiative de l’un de ces amateurs, le Captain Eyston qui fait dessiner cette carrosserie profilée sur un châssis Panhard. Il pense que, bien mise en condition, ce véhicule est apte à couvrir 125 miles en une heure, soit 201,25 km. Dans cet objectif, le moteur est poussé à 290 CV avec double allumage, les freins sur les roues avant supprimés et le maître couple pratiquement réduit à la surface frontale du radiateur. En février 1934 à Montlhéry au volant de ce modèle unique et ce, après plusieurs tentatives, Eyston dépasse de loin son objectif de record, parcourant 214,64 km en 60 minutes. Le retentissement est grand, mais les records sont éphémères. Ainsi, une vingtaine d’années plus tard, un bicylindre Panhard fait presque aussi bien en parcourant près de 202 km en une heure avec un moteur dix fois moins gros. »

Auparavant, en 1926, Panhard Levassor bat les records du monde de l’heure, des 50 et 100 km et des 50 et 100 miles avec le pilote Ortmans, déjà à Montlhéry. Celle-ci avait atteint 201,785 km/h de moyenne sur les 100 km.

C’est celle qui est en photo ci-dessous, ce qui permet d’apprécier les différences avec celle d’Eyston. 🙂

Et voici un article dithyrambique paru dans Omnia 1926 et présentant la Panhard Levassor 8 cylindres en ligne (2 blocs de 4 cylindres placés dans le prolongement 85 x 140) de 6,3 litres (celle qui a battu le record en 1934 et présentée ici a un moteur poussé à 8 litres de cylindrée et sa puissance est passée à 240 CV!), sans soupapes, 35 CV.

Ce moteur est particulièrement net et épuré, même les fils et les bougies sont sous carters… C’est du grand art…!

C’est un châssis très haut de gamme et très performant avec ses 2 magnétos (1 pour chaque groupe de 4 cylindres), ses 2 carburateurs double corps. Il n’y a a pas de pompe à huile, le graissage se fait par barbotage. La boite est à 4 vitesses.

Ci dessus, le principe du moteur sans soupape est bien expliqué.

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