Voisin C23 « Char » de 1931

C23 de 1931 char 3L 17cv coach usine chassis normal (1)à Reims, les « amis de Gabriel Voisin » sont toujours présents pour nous présenter un beau modèle de cette marque, « Avions Voisin », si caractéristique..

Cette année, nous avons donc pu (re)découvrir cette sublime C23 de 1931 en carrosserie Coach Usine, dite »Char ».

Elle se positionnait, dans la gamme, entre les C14 (13 CV) et les grosses C16/C22 (châssis normal et surbaissé) de 33 CV et C18 (12 cylindres, 28 cv). (cf. extrait d’une catalogue de 1933)

La C23 a été construite entre 1931 et 1936 à environ 335 exemplaires (ce qui est plutôt bien pour cette marque élitiste…).  

Son moteur de 17 CV est un 6 cylindres sans soupapes de 3 litres (2994 cc) pour une puissance d’environ 80 Cv et une vitesse de 125 km/h.

Boite 4 vitesses (2 mécaniques et 2 surmultipliées électromécaniques, + 2 MA)

Elle mesure 4,48 m (empattement 3,22 m, voie 1,4 m) et son châssis (non surbaissé, contrairement aux C24, comme cette Limousine « Chatelain » de 1933 ou cette autre C24 berline « Charmeuse » de 1934) a pour code « Meltem ». Elle pèse pèse +/- 1500kg.

La ligne de sa carrosserie « Char » aux angles vifs est typique des Voisin et son intérieur est du plus pur style Art-Déco.

Cette carrosserie « Coach » pouvait aussi se retrouver sur des C14, elle s’appelait alors « Chartre » (ici C14 Chartre de 1931)

En berline, elle s’appelle « Charente » comme cette C23 de 1931 ou celle-là: C23 de 1930

Voici quelques tarifs (neuf et occasion), même si je n’ai pas trouvé ce modèle précisément:

 

Lorraine Dietrich 12 HP Type S.L.F. de 1913

cette Lorraine Dietrich SLF 12 HP (châssis 16629) sera en vente par Osenat du 20/03/2016.

(ce sont d’ailleurs leurs photos qui illustrent cet article)

Elle a été fabriquée entre 1910 et 1914 sous licence « Turcat-Méry »

 

 

Elle est déjà connue puisqu’elle vient du musée des 24h du Mans d’une part et c’est celle qui est représentée sur la fiche ci-dessous:

  

La Type 12 HP, comme elle est désignée dans le catalogue de 1913, est, à côté des grosses 40 HP et 16 HP, la « petite » Lorraine Dietrich…

Son moteur est un 4 cylindres de 2,44 litres (alésage 75, course 120), carburateur automatique, soupapes latérales, allumage par magnéto qui donne environ 35 CV pour une vitesse de 85 Km/h. Son empattement est de 3,35m (voies 1,36 m) et pèse, en châssis nu et sans pneumatiques, 750 kg.

Celle-ci, avec sa carrosserie Limousine 6 glaces (ou fermée) pèse 1800 kg et peut donc rouler à 70 km/h environ…

 

Elle est estimée entre 15 et 25000 €, ce qui me semble très raisonnable compte tenu de la rareté de ce modèle… Reste à voir à combien elle partira… (résultat du 20/03/2016: 51600€)

ldslf1913osenat

Delage D8-120 cabriolet de Villars de 1936

vue sur le stand qui présentait la prochaine vente aux enchère d’Osenat, cette fabuleuse Delage D8 (châssis 51597, dite 100 mais qui serait, en définitive, une 120) était digne du slogan de la marque: « Delage, la belle voiture française ».

On ne peut pas nier qu’elle « en impose »…! 🙂

La D8 (pour 8 cylindres), représente le haut de gamme de la marque depuis 1933 (D8-15 de 1933 à 1934 suivies par les D8-85 et 105 de 1934 à 35 et, après le rachat par Delahaye, les D8-100 et D8-120, les moteurs étant extrapolés des 6 cylindres Delahaye) et toute la lignée a été carrossée par les plus grands (Letourneur et Marchand, Pourtout, Figoni Falschi, Saoutchik, etc…).

 

La 120 est la version sportive de la 100 en ce sens où le châssis est plus court (3,35 m au lieu de 3,63 m) et son moteur de 25 Cv avec son 8 cylindres en ligne de 4300 cc passe à 120 CV à 4500 tr/mn. (il passera même à 27 Cv et 4743 cc en 1938 avec la D8-120 S).

Elle pouvait monter à 155 km/h.

Pour des raisons administratives, deux D8-100 ont été nommée D8-100C, dont celle-ci. Les deux ont été carrossées par de Villars.

 

 

 

Pour la petite histoire, ce carrossier, De Villars, a été créé en 1925 (par Frank Jay Gould, un milliardaire américain, pour ses amis en France, et a peu de réalisations à son actif, quasiment que des pièces uniques et uniquement sur des châssis prestigieux…

Après la guerre, les locaux ont été repris par un certain Jean Daninos…)

Pour ma part, au delà des qualités intrinsèques à cette sublime auto, j’adore sa patine! 🙂

 

  

Estimée entre 200 et 250000€, elle sera en vente le 20 mars 2016. (D’ailleurs, même si Osenat fait moins de bruit que d’autres à Rétromobile (!), ce sera une belle vente, en tout cas avec des voitures très intéressantes et des estimations raisonnables plutôt cohérantes, j’y reviendrai… 🙂

Résultat: 318000€.

 

Alfa Roméo 6C Coupé Competizione de 1948

sur ce blog, je ne parle que très rarement d’automobiles d’après guerre (la deuxième!). Non pas qu’elles ne m’intéressent pas mais je suis naturellement plus attiré par les « entre-deux-guerres » d’une part, et de nombreux sites ou blogs parlent des autos ’50, ’60, ’70 très bien donc j’estime qu’il est inutile d’en être un de plus, d’autre part… 🙂

Néanmoins, voici une exception avec cette Alfa Romeo 6C 2500 « Coupé Competizione » de 1948 vue à Rétromobile (châssis 920002) qui m’a particulièrement marqué au dernier Rétromobile.

Ceci dit, bien que construite en 1948, cette rareté (3 construites pour 2 survivantes!) est issue d’un modèle avant-guerre, la 6c 2500 sortie en 1939 (et fabriquée jusqu’en 1951) qui est l’évolution de la 6C 2300 (1934-1937) qui, pour sa part, puise ses origine dans la géniale 6C 1500, sortie en… 1925 (elle évoluera vers la 6C 1750 de 1929 à 1933)…

En tout, ce sont 522 versions 6C2500 qui auront été fabriquées en berline et limousines (sans compter les 3 « Competizione »).

Comme son nom l’indique, la « Competizione » a été conçue pour être une pure voiture de course! D’ailleurs, c’est un pilote, Franco Rol (1908-1977),  qui l’a acquise en ’48 et a participé quatre fois aux « Mille Miglia » (de 1948 à 51 et a fini 3° en 1948) et trois fois à la « Targa Florio »  (et termine 2° en 1949, 3° en 1950 et 5° en 1951)… Pas mal pour une seule voiture…! 🙂

Son moteur est un 2443 cc avec deux ACT, 3 carburateurs Weber qui lui donnent 145 cv (au lieu des 87 cv de la version « normale »).

Elle a une boite 5 vitesses (même si, à l’origine, elle n’en avait que 4)

Pour sa carrosserie, j’ai oublié de demander… 🙁 Est-ce une « Superleggera » par Touring? (en fait, c’est une carrosserie usine)

 

 

Après un long sommeil, elle a retrouvé son lustre d’antan et arbore le n° 648, comme aux Mille Miglia de 1949.

 

Les « Teuf-Teuf » à Rétromobile (De Dion-Bouton, Richard Brasier, Corre, Brouhot, Grégoire, Renault)

cette année, les amateurs d’ancêtres étaient (bien) servis à Rétromobile (2016)  puisque le club des Teuf-Teuf s’était déplacé en force pour nous faire le plaisir de nous proposer, en plus d’une expo très intelligente, une animation avec leurs voitures « plus que centenaires »!

On a donc pu les découvrir en action en parallèle de l’expo…

Pour revenir à l’expo, elle était particulièrement intéressante car permettait deux lectures:

-la première permettait de (re)découvrir ces marques françaises qui ont (pour la plupart) disparues mais qui rappellent à quel point la France était dynamique et a été un des principaux acteurs du développement de l’automobile, dès ses origines! Ces monuments historiques automobiles (exposées ici) étaient De Dion-Bouton (1900 et 1912),  Richard Brasier (1903), Corre (1905),  Brouhot (1908), Grégoire (1910) et Renault (1912).

-la deuxième approche était de montrer des types de carrosseries différentes mais typiques de leur époque. Il y avait donc un « Vis-àVis » (De Dion-Bouton), deux « Tonneaux » (Corre et Richard Brasier), un double « Phaéton » (Brouhot), un « Runabout » (Grégoire), un « Torpédo » (De Dion-Bouton) et une « Limousine » (Renault).

Voici donc la présentation de ces autos:

De Dion-Bouton Type G de 1900.

(Moteur De Dion à monocylindre de 498 cc pour 4,5 CV, boite 2 vitesses sans marche arrière, transmission aux roue arrières par arbre à cardan avec différentiel, sa vitesse en pointe est de 30 km/h)

Sa carrosserie est un « Vis-àVis », c’est à dire que le conducteur et les passagers se font face, les passagers étant devant et dos à la route… Ce type de carrosserie découle des carrosseries hippomobiles (comme ce fut le cas la plupart du temps, la voiture « moderne » avec l’allure que nous connaissons n’existait pas encore et restaient à inventer… Les carrossiers s’inspiraient donc ce qu’ils connaissaient, c’est à dire des voitures hippomobiles!) . Elles étaient beaucoup utilisées au début de l’automobile jusqu’en 1900 (environ) car étaient pratique pour les constructeurs qui pouvaient cacher (en partie) la mécanique sous le siège conducteur, à l’arrière, à proximité des roues à propulser.)

Admirez toutes les commandes regroupées autour de la direction (pas de volant!)
  

Richard Brasier Type H 190(châssis n°17, moteur n° 546H)

(moteur bi-cylindres de 1700cc pour 12 CV, boite 4 vitesses +MA, transmission par arbre et pont Brasier, vitesse en palier de 55 km/h.)

Pour ce qui est de l’allure, son châssis est déjà plus « classique » avec le moteur à l’avant et sous un capot. Sa carrosserie est de type « Tonneau ». A l’époque hippomobile, les passagers des tonneaux étaient face-à-face mais longitudinalement à la route, l’accès se faisant par l’arrière. Pour l’automobile, on a conservé l’accès par l’arrière, la banquette est arrondie sur les côtés mais est désormais face à la route, le conducteur est à l’avant où il y a deux sièges séparés. Toutes les assises se veulent très confortables et on peut parler de style « Edouardien » (Roi d’Angleterre entre 1901 et 1910, période qui correspond +/- à « La Belle Epoque » chez nous et qui a marqué son style).

 

Corre Type F de 1905 

(moteur De Dion monocylindre de 9 Cv (n°18022), 3 vitesse + MA, transmission par arbre et pont Corre, vitesse en palier de 42 km/h)

Carrosserie Vinet (Neuilly) de type « Tonneau » (cf. la Richard Brasier juste au dessus…)

 

 

 

Brouhot Type D de 190

(Moteur Brouhot bicylindres de 10 CV, boite 3 vitesses + MA, transmission arbre et pont Brouhot, vitesse en palier 45 km/h)

Carrosserie « Double Phaéton » 4 places. Le Phaéton (2 places, ou Double Phaéton à 4 places) est une évolution de Tonneau qui s’en distingue par un accès sur le côté et non plus par l’arrière. Ces carrosseries sont parfois appelées de « Type Roi des Belges ».

 

 

(à 1 mn 55′ dans la vidéo)
 

Grégoire Type 70/4 de 1910

(moteur Grégoire 4 cylindres de 2200 cc et 18 CV, boite 3 vitesse + MA, transmission par arbre et pont Grégoire, vitesse en palier de 80 km/h)

Sa carrosserie en un « Runabout Sport ». Ce type de carrosserie, d’origine hippomobile et américaine était adapté à leur absence de route pour aller vite. Elles avaient de grandes roues et étaient légères. Pour l’automobile, ce sont des carrosseries à 2 places, légères et sportives! Pour la petite histoire, Roland Garros, en tant qu’agent de la marque, avait exactement la même que celle présentée ici…

 

De Dion-Bouton de Type DI de 1912

( moteur 4 cylindres 2 litres, 12 CV, boite 3 vitesse + MA, transmission par arbre et pont De Dion-Bouton, vitesse 60 km/h)

Sa carrosserie est un « Torpédo ». Le Torpédo est peut-être la première carrosserie automobile qui ne s’inspire pas d’un modèle hippomobile! Elle apparaît au salon automobile de 1908, présentée par Rheims et Auscher. Même si la capot moteur n’est toujours pas intégré à la « caisse », la ligne est plus fluide avec sa ligne de ceinture continue. Initialement appelée « Torpille », c’est la traduction anglaise de ce mot, « Torpédoé qui sera retenu pour ce type de carrosserie plus moderne…

 

Renault Type CE 20/30 HP de 1912

(moteur 4 cylindres de 5 litres et 20 CV, boite 4 vitesses + MA, transmission par arbre et pont Renault, vitesse en palier de 75 km/h)

(châssis 33369, moteur 4994)

Elle est carrossée en luxueuse « Limousine ». La Limousine (d’avant la 1ère guerre) s’inspire des « Berlines » hippomobiles (carrosserie fermée à portes latérales, le conducteur restant à l’extérieur pour s’occuper de son attelage…). Les Limousines conservent ces caractéristiques avec 2 glaces sur les côtés et sont de véritables « salons roulants ». En bonne voitures  de voyage, elles ont une galerie à bagages sur le pavillon.

Merci encore pour cette belle expo qui permettait de bien comprendre l’évolution des automobiles (ou révolution quand on voit les progrès entre une De Dion-Bouton « Vis-à-Vis de 1900 et une Renault de 1912, soit en 12 ans seulement…!)

Clément-Talbot VT2 CT 1908

Clément-Talbot est, en fait, une marque anglaise puisqu’elle est le fruit de l’association du français Adolphe Clément (qui deviendra Clément-Bayard) et du britanique comte de Shrewsbury and Talbot pour fabriquer des Clément-Bayard en Angleterre à partir de 1903.

(la marque deviendra Clément-Talbot-Darracq en 1919 puis Sunbeam-Talbot-Darracq alors que les Darracq françaises deviendront Talbot-Darracq… ouf!)

Mais revenons à ce Double Phaéton 8/10 HP de 1908 (châssis: 555, moteur: 7178) qui était exposé au salon Rétromobile 2016.

Son moteur est un bi-cylindres de 1250 cc et elle peut monter à 60 km/h.

 

 

et une pub de 1911 pour « The Invincible Talbot » 🙂 :

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Panhard Levassor X33 de 1922

voici une belle et rare Panhard Levassor X33 de 1922 (d’un amical lecteur 😉 ).

Cette auto est dans sa famille depuis 1981, et n’a connu que 2 propriétaires dans sa vie! Du coup, son historique est limpide et son premier propriétaire aurait parcouru Pau-Paris-Moscou une fois par an, c’est dire si c’est une bonne routière (et que les moteurs sans-soupape sont plus fiables que ce qu’on peut penser)!

Aussi, le chauffeur du 1er propriétaire l’aurait sauvée de la 2ème guerre mondiale en la démontant pour la cacher dans le grenier du château… (que de belles anecdotes!) Enfin, elle roulait régulièrement jusque dans les années ’70!

 

 

La X33 est une 18 CV, sans soupape, 3175 cc (moteur SK4E3), boite 4 vitesses (+MA), freins à tambours (qu’à l’arrière). Elle a été fabriquée à 72 exemplaires entre 1921 et 1922. Ces voitures étaient haut de gamme, à tel point que durant la présidence de Raymond Poincaré, Panhard Levassor était la marque officielle de l’Élysée avec ses 18 CV et 20 CV.

Pour revenir à celle-ci, c’est un beau Torpédo à 2 pare-brises (puisque le premier propriétaire avait un chauffeur, semble-t-il, il lui en fallait un pour se protéger à l’arrière!) très luxueux (tour de caisse en acajou) carrossé par Pingret et Breteau (à Puteaux, cette carrosserie a existé entre 1914 et 1927).

 

 

Panhard Levassor 20CV Sport 1930

on n’en voit pas souvent de ces grosses Panhard-Levassor 20 CV Sport… Et pour cause, positionnées très haut gamme, ces Types X56  ont été fabriquées entre 1927 et 1929 à seulement 76 exemplaires…

Depuis 1910, PL utilise des moteurs sans-soupapes (licence Knight, comme Voisin) dans sa gamme mais abandonne les moteurs avec soupapes à partir de 1923.  En 1929, la 20 CV Sport sera remplacée par les 6DS (6 cylindres) et 8 DS (8 cylindres) et en fabriquera plus jamais de 4 cylindres! (après guerre, ce ne seront plus que des bi-cylindres).

Cette auto représente donc la montée en gamme de Panhard-Levassor dans les années ’20 et ’30.

Elle est propulsée par un gros 4 cylindres de 5350 cc sans soupape (les chemises coulissent le long des pistons, couvrant et découvrant des ouvertures d’admission et d’échappement, ce qui remplace donc les soupapes).

Ces moteurs étaient plus souples, plus silencieux et agréables avec leur couple. En contrepartie, le réglage était compliqué et ces moteurs consommaient beaucoup d’huile et… fumaient souvent.

Malgré ses 2150 Kg, elle peut monter à 150 km/h.

J’adore ces détails, comme la poignée du capot moteur avec l’insigne PL, c’est bien une voiture de luxe… 😉

Elle était à Rétromobile 2016.

Par ailleurs, c’est Panhard Levassor qui inventa la barre stabilisatrice (qui porte encore son nom) et utilisée sur tous les véhicules à essieu rigide.

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